Y-a-t-il un lien entre les propos du maire de Fontaine et le malaise du maire Seyssinet-Pariset ? En tout cas, la concomitance des deux évènements fait qu’on peut légitimement se poser la question. D’autant que le discours de Franck Longo appuyait là où ça fait mal pour Guillaume Lissy…
Il était près de deux heures du matin lorsque Franck Longo, maire centriste de Fontaine, a pris la parole dans un hémicycle marqué par la fatigue et les tensions après plus de 12 heures de négociations pour essayer de dégager une majorité parmi les 110 élus communautaires. Quelques instants plus tôt, Allan Brunon avait salué l’engagement de Guillaume Lissy en faveur d’une gouvernance sans ouverture à la droite, tandis que ce dernier, fort du désistement de La France insoumise lui ouvrant la victoire, tendait la main au groupe des petites communes pour bâtir une majorité.
Un chemin commun semblait possible selon Franck Longo
Dans un discours structuré et offensif, Franck Longo est revenu sur les négociations menées en coulisses. Il a notamment évoqué deux réunions de trois heures organisées la veille en mairie de Seyssinet-Pariset, durant lesquelles le projet et la méthode avaient été abordés : « recentrer les compétences de la Métropole sur ce qu’elle doit porter et mettre en place une gouvernance partagée entre toutes les composantes majoritaires des communes. On a évoqué le logement, on a évoqué la création de pistes cyclables, on a évoqué la partie environnementale, le social… Et sur tout ces sujets on était d’accord. On a bien vu qu’il y avait beaucoup plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous divisent », a-t-il insisté.
Guerrero prêt à céder sur la présidence mais pas Ruffin sur la vice-présidence
Mais l’un des principaux points de blocage restait la question de la présidence. Arrivé en tête, Raphaël Guerrero avait formulé deux propositions : céder la présidence à Guillaume Lissy en échange de 12 vice-présidences sur 20, ou l’inverse. Une option qui ne permettait pas, par contre, à la maire de Grenoble, Laurence Ruffin, d’être la vice-présidente de la Métropole comme elle le souhaitait. Pour Franck Longo, cette proposition relevait d’un équilibre classique des négociations politiques : « Dans la cour d’école, quand on choisit qui va dans quelle équipe, c’est chacun son tour. C’est la logique lorsque deux blocs sont équivalents. » Il a déploré le refus du duo Lissy-Ruffin et l’absence de contre-propositions.
Un accord avec La France Insoumise qui met le feu aux poudres
Le maire de Fontaine a également dénoncé le rapprochement avec La France insoumise, qu’il juge incompatible avec une gouvernance élargie : « Vous avez préféré conclure un accord pour obtenir la présidence. Vous pouvez l’appeler technique, vous pouvez l’appeler chorégraphique, musicale, ce que vous voulez, il y a un accord. » Franck Longo s’est alors directement tourné vers Guillaume Lissy pour rappeler leur collaboration passée au sein de plusieurs syndicats intercommunaux. Il a évoqué des années de travail commun, notamment au SITPI, à l’EPFL ou encore au SIRD, soulignant une capacité à décider ensemble et à voter dans le même sens pour l’intérêt du territoire : « Et aujourd’hui on vient nous expliquer qu’on est des affreux. Dites moi ce que j’ai fait dans ma commune qui ne vous convient pas ? En réalité il n’y a rien, vous posez des étiquettes. On veut faire une Métropole avec tout le monde. Cela a été le discours de Guillaume Lissy et de Raphaël Guerrero. Il n’y en a plus qu’un qui tient sa parole. »
Une nouvelle élection le 30 avril qui s’annonce encore plus incertaine
Un discours qu’il a du interrompre subitement quand son interlocuteur s’est écroulé en face de lui, victime d’un malaise, heureusement sans gravité. L’élection qui touchait à sa fin a été néanmoins annulée à l’initiative de la présidente de séance Françoise Fontana et du président sortant Christophe Ferrari. qui ne se représentait pas. La procédure devra donc reprendre au début comme si rien ne s’était passé… Est-ce que les mots de Franck Longo auront d’autres effets d’ici le prochain vote ? Réponse au plus tard le jeudi 30 avril à partir de 9 heures, à suivre en direct sur notre antenne.