A deux jours du vote pour élire le nouveau président de la Métropole, l’ancien annonce qu’il ne sera pas candidat à sa succession. Christophe Ferrari, explique son choix dans un communiqué et appelle les élus à se mettre d’accord sur une candidature d’union avant le scrutin de jeudi qui s’annonce très incertain. Voilà un extrait de son communiqué qui évoque les deux voies actuellement en balance selon lui.

"La première serait de reconstruire une majorité politique comparable à celle du mandat précédent, principalement à gauche, avec les petites communes, avec ou sans LFI. Mais chacun voit bien aujourd’hui qu’il n’existe pas, à ce stade, de dynamique suffisamment forte, de volonté suffisamment partagée pour envisager ce scénario."

"La seconde consiste à bâtir une majorité territoriale large, stable et cohérente, en laissant en dehors de l’exécutif métropolitain toutes les oppositions municipales, en respect des Maires et de leurs équipes municipales : notamment le RN, les élus de la liste d’Alain Carignon et les élus LFI grenoblois." 

"Tout entre deux est probablement voué à l’échec. La création d’une majorité territoriale est aujourd’hui la seule option qui permette de construire une gouvernance large, capable d’agir, de décider et de mettre en œuvre un projet de territoire partagé."

"C’est aussi celle qui respecte le plus profondément la philosophie même d’une intercommunalité : une institution fondée sur la coopération entre les communes, la recherche de compromis, l’équilibre entre les territoires et la capacité à faire travailler ensemble des sensibilités politiques différentes au service d’un intérêt commun."

"Elle suppose de respecter le poids politique de chacun issu des urnes et ainsi d’être une majorité fortement ancrée à gauche, ouverte aux petites communes, et capable d’associer le centre et la droite républicaine à une gouvernance utile au territoire."

"C’est la raison pour laquelle j’ai plaidé ces dernières semaines pour une majorité territoriale présidée par une personnalité de gauche, avec un socle très majoritaire d’élus de gauche et de petites communes, et une place juste accordée à la droite et au centre droit au sein de l’exécutif et plus largement dans la gouvernance métropolitaine."

"Cela pourrait notamment se traduire par des responsabilités confiées au centre droit et à la droite en matière de mutualisations entre les communes et la Métropole, ou encore en faveur de la proximité, de la territorialisation de l’action publique, ou encore de travaux de gros entretien et de renouvellement de l’espace public pour lesquels des délégations d’élus de secteur, de toute obédience politique, pourraient être mises en oeuvre."

"Dans le même esprit de transparence et d’équilibre, j’ai également proposé que la présidence de la Commission d’Appel d’Offres, celle de la Commission des Finances ou encore l’évaluation des politiques publiques puissent être confiées à la droite ou au centre droit."

"Avec une énergie intacte, j’ai écouté ces dernières semaines les élus, leurs attentes, leurs inquiétudes. J’ai aussi observé les réussites, les marges de progrès et les difficultés du mandat passé. Et je regrette d’ailleurs qu’il n’y ait pas eu davantage de volonté collective de mener cet exercice de vérité pour construire ensemble la suite."

"Aujourd’hui, je constate que les conditions politiques d’un rassemblement autour de ma candidature ne sont pas réunies. Je ne serai donc pas candidat à la présidence de la Métropole."

"Mais je refuse de me résigner à une situation de blocage et tire la sonnette d’alarme ! Car je suis profondément inquiet de ce que je perçois des discussions en cours avec des positions figées, des logiques de blocs, des stratégies qui pourraient conduire à une assemblée coupée en deux camps incapables de gouverner ensemble et jouant l’élection aux dés."

"Une Métropole paralysée serait une catastrophe pour le territoire. J’en appelle donc à la raison collective et au dialogue sincère. J’espère que la gauche socialiste, écologiste et communiste acceptera de s’ouvrir. J’espère aussi que la droite, le centre et les petites communes joueront réellement le jeu d’une majorité territoriale respectant les urnes, avec une place prépondérante pour la gauche et incluant naturellement la Ville de Grenoble comme élément central."

"Si ces deux conditions sont réunies, alors il n’y a pas besoin de multiplier les candidatures car une candidature de rassemblement est possible : une candidature ancrée à gauche, respectueuse des communes, connaissant la vie communale tout comme les rouages métropolitains, ouverte à toutes celles et ceux qui veulent faire passer l’intérêt général avant les étiquettes. Une candidature capable de réunir largement, de stabiliser la gouvernance métropolitaine et de donner une perspective claire au territoire."

"Si ces conditions ne sont pas réunies, alors nous irons vers un système bloqué, lent, impuissant, où chacun cherchera à faire perdre l’autre plutôt qu’à faire gagner le territoire. Ce constat, il importe de le tirer rapidement en changeant de méthode, d’approche, d’objectifs, peut-être même de candidats."

"Les prochaines heures seront décisives" conclut solennellement Christophe Ferrari. Sur ce point-là, beaucoup d’élus métropolitains seront d’accord avec lui.