Cinq jours après l’interruption de son concert du Cabaret Frappé par des militants propalestiniens et des élus grenoblois, qui lui reprochait son soutien à une proposition de loi contre l’antisémitisme, l’artiste Barbara Butch a annoncé qu’elle allait attaquer directement La France Insoumise.

Sur France Info ce jeudi, Barbara Butch a expliqué sa décision : « C’est important de porter plainte pour laisser la justice voir qui est responsable et rétablir la vérité. » L’artiste de 45 ans, jusqu’alors peu connue du grand public, est revenue également sur les vingt minutes qu’elle a passé sur scène, le samedi 18 juillet dans le Jardin de ville de Grenoble : « C’était d’une violence inouïe. J’ai eu extrêmement peur, à tel point que je n’a pas pu bouger pendant des jours. »

Barbara Butch a décidé de sortir du silence et de contre-attaquer. Elle va déposer plusieurs plaintes notamment contre le mouvement de La France Insoumise et certains de ses représentants locaux. Contrairement à la Ville de Grenoble qui a porté plainte contre X, l’artiste devrait viser directement Allan Brunon, le chef de file de LFI au conseil municipal de Grenoble qui a organisé et revendiqué l’action militante pour bordéliser le concert. Elle estime que « l’antisionisme invoqué n’a été que le vêtement de l’antisémitisme« .

Le parquet de Grenoble a également ouvert une enquête préliminaire pour « entrave concertée aux libertés« , un délit qui est passible de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (art. 431-1 du code pénal). Une sanction qui peut s’accompagner de 5 ans d’inéligibilité… Une menace non négligeable pour la suite de la carrière politique d’Allan Brunon. A 27 ans, le jeune élu insoumis semble promis à un bel avenir. Missionner par Jean-Luc Mélenchon pour collecter des parrainages auprès des maires isérois, il pourrait être candidat, à Grenoble, aux élections législatives qui suivront la Présidentielle au printemps prochain.

Malgré d’autres appels au boycott, Barbara Butch a annoncé qu’elle allait continuer à se produire sur les festivals cet été. Nathalie Béranger, la présidente d’Alpexpo également conseillère régionale LR, l’a d’ailleurs invitée à venir terminer son concert grenoblois sur la scène du Summum : « Je souhaite ainsi que notre ville puisse vous offrir une autre image d’elle-même : celle d’une ville qui refuse l’intimidation et qui demeure profondément attachée à la liberté artistique. »