Le concert de la DJ Barbara Butch, programmé samedi soir dans le cadre du Cabaret Frappé, a été interrompu par des militants de La France Insoumise. L’incident provoque une vive polémique entre la municipalité, l’opposition et les militants propalestiniens.

Les militants de France Insoumise avaient prévenu qu’ils ne laisseraient pas ce concert se dérouler. Ils ont finalement réussi leur coup… La prestation de Barbara Butch a été interrompue, samedi soir, après seulement une vingtaine de minutes. La Ville de Grenoble a pris la décision de suspendre la prestation « afin de garantir la sécurité du public, des équipes et de l’ensemble des personnes présentes ».

La municipalité grenobloise condamne « avec la plus grande fermeté les menaces, les intimidations et les violences exercées à l’encontre de l’artiste et des élus présents sur scène ». Elle a également réaffirmé son attachement à « la liberté de création et de programmation artistique », estimant que « aucun artiste ne doit être empêché de se produire sous la pression de l’intimidation ». Elle rappelle que  » dans un État de droit, les désaccords s’expriment par le débat et le dialogue, jamais par la menace ou la violence « .

L’opposition dénonce une censure du spectacle

L’interruption du concert a suscité de vives réactions politiques. Dans un communiqué, les élus de l’opposition municipale mettent directement en cause des militants de La France insoumise, accusés d’avoir perturbé la soirée. Clément Chappet, le président du groupe, évoque des projectiles lancés en direction de la scène, des insultes durant la prestation et des spectateurs pris à partie.

L’opposition reproche également à la municipalité de ne pas avoir anticipé les risques malgré les appels à la mobilisation lancés en amont et critique la réponse jugée  » timide  » de la maire Laurence Ruffin, qui n’a pas osé citer les fauteurs de trouble dans son communiqué. Les élus de la droite et du centre demandent notamment le dépôt d’une plainte au nom de la Ville pour entrave à la tenue d’un spectacle public.

Allan Brunon revendique la mobilisation

De son côté, Allan Brunon, chef de file du groupe La France Insoumise au conseil municipal de Grenoble, a évidemment revendiqué l’action militante. Il avait annoncé, ces derniers jours, que ses militants s’opposeraient physiquement à la tenue de ce concert. Il estime que cette mobilisation visait à dénoncer la guerre à Gaza et le soutien, selon lui, apporté par Barbara Butch à des mesures restreignant l’action des militants propalestiniens.

Contrairement à ce qu’affirme la Ville de Grenoble ou les élus de l’opposition, Allan Brunon assure que « les Grenoblois ont manifesté nombreux et pacifiquement ». Difficile d’estimer précisément parmi les personnes présentes samedi soir combien étaient favorables à cette action mais la pétition, mise en ligne par LFI, pour demander l’annulation de ce concert, n’a recueilli que 350 signatures.

Le prochain conseil municipal s’annonce explosif

Au-delà de l’interruption du concert, cet épisode ravive les tensions politiques grenobloises autour du conflit israélo-palestinien. Allan Brunon a annoncé une nouvelle mobilisation à la rentrée, lors du prochain conseil municipal, autour de la proposition portée par son groupe visant à rompre le jumelage entre Grenoble et la ville israélienne de Rehovot. Un dossier qui sera vivement débattu le mardi 29 septembre, un an, jour pour jour, après l’annonce du plan de paix pour Gaza…

🎥 Vidéo du concert mise en ligne par La France Insoumise