A la veille du deuxième tour, difficile pour un représentant politique isérois de ne pas prendre position dans le duel entre Alain Carignon et Laurence Ruffin qui s’annonce décisif pour l’avenir de Grenoble. La politique étant l’art parfois de dire les choses sans le dire, pour clarifier la situation, on a considéré que les partis qui appelaient à faire barrage à un candidat, actaient implicitement leur soutien à l’autre puisqu’il n’y a que deux choix.

Dès le premier tour, Laurence Ruffin pouvait compter sur le soutien d’une douzaine de partis ou mouvements de gauche, les plus importants étant Les Ecologistes, le PS, le PC ou encore le Parti Animaliste. En fusionnant avec Allan Brunon, elle en compte un treizième : La France Insoumise. On peut également rajouter les soutiens de certains de ses concurrents : Romain Gentil (Grenoble Capitale Citoyenne) et Thomas Simon (Grenoble Alpes Collectif).

Destot appelle à voter Ruffin

L’ancien maire socialiste Michel Destot, qui a siégé dans l’opposition quand Alain Carignon dirigeait la ville (1983-1995), est sorti de sa réserve pour annoncer qu’il voterait en faveur de la liste de Laurence Ruffin. Même Christophe Ferrari, le président de la Métropole, très critique sur le mandat d’Eric Piolle, a appelé à voter pour la liste écologiste. Pourtant, il appartient au parti Place Publique de Raphaël Glucksmann qui a encore rappelé cette semaine qu’il était inacceptable de soutenir une alliance avec La France Insoumise. Il a visiblement du mal à se faire entendre, même de ses partisans.

Carignon fédère toute la droite

A l’union sacrée à gauche répond l’union sacrée à droite. Du centre jusqu’à l’extrême droite. Car si derrière Alain Carignon, on retrouve, logiquement, Les Républicains et toutes ses figures locales (Jean-Pierre Barbier, Yannick Neuder, Julien Polat, Henri Baile, Frédérique Puissat…), l’ancien maire de Grenoble a reçu aussi le soutien du candidat du Rassemblement National, Valentin Gabriac, qui en profite pour demander à LR de faire la même chose à Echirolles.

Olivier Véran à contre-pied

Alain Carignon a également enregistré ces derniers jours l’appui des partis centristes notamment le MoDem et Renaissance qui suspendaient, il y a encore un mois, leurs adhérents ayant osé rejoindre la liste. L’ancien ministre Olivier Véran est le seul du camp macroniste à s’être désolidarisé de cette décision en choisissant Laurence Ruffin. Quant à Horizons, il y a un cas d’école. Le parti créé par Edouard Philippe appelle à voter Alain Carignon alors que son président en Isère, Hervé Gerbi, a choisi de ne pas se positionner. Il avait basé une partie de sa campagne sur le ni Carignon, ni Ruffin et reste fidèle à cette ligne. Difficile de lui reprocher quand on voit les retournements opérés par certains depuis le début de la campagne.

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