Il était étonnement absent, jeudi dernier, pour l’élection de son successeur à la tête de la Métropole mais Christophe Ferrari, le président sortant, est vite revenu dans le jeu politique grenoblois cette semaine en interpellant la nouvelle majorité dont on n’arrive pas bien à savoir s’il en fera partie.

Il aurait aimé enchaîner avec un troisième mandat à la tête de la Métropole mais les relations dégradées qu’il a entretenues avec les élus de la ville-centre pendant six ans et les mauvais choix stratégiques qu’il a opérés dans ses soutiens pendant la campagne des Municipales, l’ont mis hors jeu. Mais Christophe Ferrari reste un acteur important de la vie politique locale. Maire du Pont-de-Claix, réélu sans opposant en mars dernier, il va siéger désormais comme simple conseiller communautaire dans une institution qu’il a présidée pendant douze ans.

Choqué par la présence de Carignonistes dans la majorité

Même s’il n’était pas présent, jeudi 30 avril, pour l’élection de son successeur, Guillaume Lissy, il n’a pas tardé à faire connaître sa position sur cette nouvelle gouvernance qui regroupe des sensibilités politiques très diverses : « Alors que d’autres oppositions municipales sont écartées, la présence de Carignonistes au sein de la majorité métropolitaine me choque profondément, je le dis sans détour. S’agit-il d’une exception, d’un précédent, ou d’une règle à géométrie variable ? »

Un projet commun peut-il exister entre les différentes forces politiques ?

L’ancien président poursuit en questionnant, le nouveau, sur l’accord conclu la semaine dernière avec tous les groupes participant à cette majorité. « Je souhaite que ce projet soit rendu public, l’élection métropolitaine ne pouvant se résumer à une distribution de postes. » Sur notre antenne (replay ci-dessous), Guillaume Lissy a convenu qu’il n’y avait pas encore de programme et qu’il se donnait six mois pour construire une feuille de route qui convienne au plus grand nombre.

Guillaume Lissy tend la main à Christophe Ferrari

Concernant les propos un peu incisifs de Christophe Ferrari, le nouveau président n’a pas voulu rentrer dans la polémique : « C’est quelqu’un qui a fait un travail extrêmement important pour structurer la Métropole et à qui on doit beaucoup. Mon boulot maintenant, c’est d’être fédérateur, de rassembler et de tendre la main à tout ceux qui veulent servir. Et Christophe Ferrari a toute sa place au sein de l’équipe métropolitaine. »

Que va faire l’ancien président de la Métropole ?

On ne sait pas si Christophe Ferrari aura envie d’attraper cette main tendue et faire partie de cette majorité élargie qu’il avait appelée pourtant de ses voeux. En tout cas, il termine son communiqué par un souhait sibyllin : « J’espère que les oppositions seront respectées demain ». Aujourd’hui, l’opposition métropolitaine est représentée par trois groupes : La France Insoumise, le Rassemblement National et la droite grenobloise issue de la liste d’Alain Carignon. Doit-on comprendre que l’ancien président, issu d’une gauche modérée, se positionne désormais avec eux en opposant ? On lui a posé la question, il n’a pas répondu.

🎥 Le nouveau président de la Métropole est l’invité de l’émission Le + cette semaine

Partager cet article