Deux jours après l’élection ratée du président de la Métropole de Grenoble, une vingtaine de maires se sont réunis ce samedi 25 avril devant la mairie de Fontaine pour afficher leur soutien au candidat Raphaël Guerrero. Une mobilisation qui intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, à quelques jours d’un nouveau scrutin décisif.

Jeudi soir, après plus de douze heures de négociations intenses, l’élection du président de la Métropole a été annulée avant la dernier tour après le malaise de Guillaume Lissy, candidat soutenu par la gauche. Si ce dernier va désormais mieux, la situation politique reste convalescente et le nouveau scrutin qui sera organisé jeudi 30 avril, remet les compteurs à zéro.

Dans ce climat incertain, Raphaël Guerrero, maire de Jarrie et candidat soutenu par les maires des petites communes et par les élus de droite et du centre, a voulu montrer qu’il disposait toujours d’un socle solide. Arrivé en tête lors des deux premiers tours de scrutin, il a rassemblé ses soutiens sur le parvis de la mairie de Fontaine.

Au cœur des préoccupations exprimées par ces élus : la place des petites communes dans la future gouvernance métropolitaine. « On a le droit de représenter correctement nos administrés » estime Audrey Guyomard, maire de Bresson (700 habitants). « Moi je suis ni de gauche, ni de droite » poursuit Jean-Yves Porta, maire de Vaulnaveys-le-Haut. « On est là pour un projet de territoire et en face on nous propose un projet politique où une dizaine de communes sur 49 vont s’accaparer le pouvoir. »

Même inquiétude du côté de Franck Longo, maire MoDem de Fontaine, dont le discours a marqué les esprits jeudi soir. Il appelle à dépasser les clivages politiques et dénonce l’accord passé entre la gauche et La France Insoumise : « Jeudi prochain, on aura deux options : 11 maires qui dealent avec 8 élus d’opposition LFI qui annoncent déjà qu’ils feront la pluie et le beau temps ou 11 maires qui décident d’avancer avec les 38 autres. Il n’y a qu’une option qui fonctionnera, c’est celle où tous les maires sont associés. »

De son côté, Raphaël Guerrero rappelle qu’il avait été convenu avec Guillaume Lissy dans les discussions préalables que « deux lignes rouges ne devaient pas être franchies : pas d’accord avec les extrêmes et pas d’oppositions municipales dans l’exécutif. » Le maire de Jarrie continue à défendre l’idée d’une gouvernance partagée : « Grenoble ne peut pas faire sans nous, et nous ne pouvons pas faire sans Grenoble. »

Même s’il estime que « la confiance a été mise à mal par cette tambouille électorale », Raphaël Guerrero se dit toujours ouvert au dialogue. À cinq jours du prochain vote, est-ce que de nouvelles discussions peuvent permettre de faire émerger une solution partagée pour sortir la Métropole de cette impasse politique ? Réponse le 30 avril

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