Deux jours après l’assassinat particulièrement sordide d’un jeune homme à Échirolles, sur fond de rivalités liées au trafic de stupéfiants, une nouvelle fusillade meurtrière a éclaté mardi soir dans le quartier Mistral, à Grenoble.
Les faits se sont produits un peu avant 21h30, avenue Rhin-et-Danube, à proximité du siège du club de football du quartier (photo). Selon les premiers éléments rapportés par Le Dauphiné Libéré, plusieurs personnes qui se trouvaient rassemblées sous un arbre devant le bâtiment ont été prises pour cible par un individu installé à l’avant d’un véhicule. Le tireur a ouvert le feu en rafale avec une arme automatique. Au moins onze coups de feu on été tirés en quelques secondes. La voiture arrivait de l’avenue Albert Reynier et a pris la fuite en direction du pont de Catane. Une vidéo de la fusillade circule sur les réseaux sociaux.
Cinq hommes ont été atteints par balles. L’une des victimes, âgée de 33 ans, est malheureusement décédée. Deux autres personnes, touchées au thorax, ont été prises en charge en urgence absolue dont l’une avec un pronostic vital engagé. Un quatrième homme, blessé à la cuisse, a été classé en urgence relative. Un autre s’est présenté de lui-même à l’hôpital. Les policiers ont établi un large périmètre de sécurité afin de pouvoir faire les constatations d’usage.

Si aucune fusillade d’une telle ampleur n’avait été recensée dans le quartier depuis plus d’un an — la dernière concernait un adolescent de 17 ans blessé par balle en mars 2025 — la cité Mistral demeure l’un des principaux points de trafic de drogue de l’agglomération grenobloise. Pour tenter de déstabiliser les réseaux, une vaste opération de police, mobilisant près de 400 fonctionnaires, avait été menée, en octobre dernier, dans les deux tours situées juste en face du lieu de la fusillade.
Depuis le mois de janvier, les règlements de compte et autres actes d’intimidation ont fait 7 morts et une vingtaine de blessés dans l’agglomération grenobloise, ce qui place déjà 2026 comme l’année la plus meurtrière de la décennie en Isère. Une statistique inquiétante qui s’accompagne en plus d’une recrudescence des victimes collatérales qui ont eu simplement le malheur d’être, comme ce mardi soir, au mauvais endroit, au mauvais moment.
