Quelques heures après la découverte du corps sans vie d’un jeune homme dans une voiture incendiée à Echirolles, deux vidéos particulièrement violentes ont été diffusées sur les réseaux sociaux mettant en scène cet assassinat sur fond de rivalités liées au trafic de stupéfiants.
La première séquence, d’une vingtaine de secondes, montre un jeune homme d’une vingtaine d’années, habillé d’un t-shirt Lacoste, les mains vraisemblablement attachées dans le dos, contraint de lire un message sous la menace d’une arme pointée sur sa tête par une personne gantée. Dans cette vidéo, il affirme avoir été "envoyé pour un contrat sur Grenoble " par des individus qui "se cachent" et "ne payent pas", avant d’évoquer les conséquences fatales encourues par ceux qui accepteraient de travailler pour ces mêmes commanditaires.
La seconde vidéo qui circule également les réseaux sociaux montre un homme encapuchonné tirer à quatre reprises avec un pistolet en direction de l’intérieur du Renault Scénic retrouvé incendié ce matin. La scène, filmée de nuit, est accompagnée d’un message écrit (avec beaucoup de fautes d’orthographe) contenant des menaces explicites visant les personnes susceptibles de collaborer avec certains réseaux criminels.
L’authenticité de ces vidéos et leur lien direct avec la victime retrouvée ce dimanche matin dans le véhicule incendié n’ont, à ce stade, pas été officiellement confirmés par les autorités mais elles apparaissent très crédibles puisqu’on reconnaît sur la deuxième plusieurs éléments de la scène de crime. Ce n’est pas la première fois que les trafiquants de drogue filment ainsi des exécutions pour mettre la pression sur le camp adverse.
Avec ce nouveau type d’intimidation vidéo, la méthode du barbecue importée de Marseille et sept morts sur les six derniers mois, on peut estimer que l’intensité de la lutte pour le contrôle du trafic de drogue qui gangrène l’agglomération grenobloise depuis des années est malheureusement montée d’un cran. La juridictions inter-régionale spécialisée dans la criminalité organisée a été saisie de ce dossier sensible.