Après une séance d’investiture fin mars marquée par de nombreuses insultes entre élus, le premier conseil municipal de l’ère Ruffin n’a pas forcément apporté, ce mardi, l’apaisement que souhaitait la maire de Grenoble.

Le choix d’une première délibération symbolique intitulée « Grenoble, ville garante des valeurs de la République » a lancé un long débat de deux heures sur la discrimination, le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie. Un terrain de jeu idéal pour Allan Brunon, le leader grenoblois de La France Insoumise, qui a distillé ses punchlines, profitant de l’occasion pour reprendre à son compte le slogan « la police tue ! ». Son collège Abdelnour Djebbouri précisant que c’était même « un fonctionnement systémique » de l’institution.

Des déclarations qui ont évidemment fait réagir l’opposition. Et c’était sûrement le but. « Vous nous avez enfermé dans un débat complètement stérile qui vire au nauséabond quand on entend les propos d’Allan Brunon » a estimé l’élu de droite Clément Chappet. « Comment vous pouvez invoquer la lutte contre l’antisémitisme alors que vous avez associé à votre liste des élus LFI qui sont issus d’un parti politique dirigé par quelqu’un qui se permet de faire des jeux de mots à tendance plus qu’antisémite sur les noms de famille juifs » a poursuivi la centriste Delphine Bense.

L’opposition a demandé à Laurence Ruffin de se désolidariser des propos tenus par Allan Brunon mais la maire de Grenoble n’a pas répondu aux injonctions. Les échanges se sont poursuivis et le fossé entre les deux camps a continué de se creuser. La délibération a été adoptée avec les cinq amendements souhaités par La France Insoumise.

«Fasciste », « connasse », « dans sa petite tête »… On n’en est pas arrivé au niveau du conseil du 27 mars mais, au cours de ce premier débat, ces qualificatifs plus ou moins injurieux ont été portés au procès verbal à la demande des conseillers municipaux visés. Un élu de La France Insoumise a déploré être comparé à un animal lors de ses prises de parole alors qu’une de ses collègues a dénoncé les signes de croix que lui a adressé le conseiller municipal Jean-Luc Rizzi, en référence au fait qu’elle mettait ses enfants dans une école privée catholique.

Bref, le PV sera sûrement chargé à l’issue de ce premier conseil municipal. La deuxième délibération n’a été abordée qu’à partir de 14h30 soit plus de 4 heures après le début de la séance. A ce rythme, la Ville de Grenoble pourra bientôt concurrencer la Métropole…

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