Le nouveau conseil municipal de Grenoble, réuni ce vendredi après-midi, a élu sans surprise Laurence Ruffin à la tête de la ville. Mais derrière ce résultat attendu, la séance a été marquée par de vives tensions politiques et de nombreux échanges houleux.

Le conseil municipal a été ouvert à 14 heures par le maire sortant Eric Piolle qui a transmis la présidence à Jean-Luc Rizzi, le doyen des élus (72 ans), chargé de conduire les débats jusqu’à l’élection du nouveau maire. Dans la foulée, plusieurs changements ont été actés, avec la démission de six élus issus de la liste Réconcilier Grenoble dont son chef de file Alain Carignon, remplacés par les suivants sur la liste.

Trois candidatures et un climat déjà tendu

Trois candidats se sont déclarés pour la fonction de maire : Nathalie Béranger pour la droite et le centre, Allan Brunon pour La France Insoumise et Laurence Ruffin pour la gauche écologiste. Dès les premières prises de parole, le ton est monté. Allan Brunon a multiplié les attaques contre la liste d’Alain Carignon en la qualifiant de raciste et de fasciste. Les échanges sont rapidement devenus virulents, illustrant les fractures politiques au sein de l’assemblée municipale.

Un élu clame son homosexualité

Les tensions autour de La France Insoumise ont dominé les débats, avec des critiques sur ses méthodes et ses positions. L’opposition de droite et du centre a dénoncé une stratégie de « chaos » et de « violence » et a accusé la majorité de Laurence Ruffin de compromissions. « Je suis un tarlouze, une tapette » a tout d’un coup déclaré l’élu d’opposition Thierry Aldeguer en utilisant volontairement les termes employés par Allan Brunon, le président du groupe LFI, il y a quelques jours lors d’une altercation avec un militant d’Alain Carignon.

Laurence Ruffin élue avec 33 voix

Ces échanges musclés n’ont pas empêché le vote de se dérouler normalement, à bulletin secret comme le veut la loi. À 15h23, Laurence Ruffin a été élue maire avec 33 voix, devant Allan Brunon (13 voix) et Nathalie Béranger (12 voix) qui, bizarrement, n’a pas fait le plein dans son camp. Eric Piolle a remis l’écharpe tricolore à la nouvelle élue. Un moment historique puisqu’elle est la première femme à diriger Grenoble après 50 hommes…

Ruffin maire écharpe

Une majorité déjà sous pression

Après l’élection, les tensions ne sont pas retombées avec de nouveaux débats autour de l’alliance avec La France Insoumise et de ses conséquences politiques. L’élection des adjoints*, dont plus de la moitié font partie de l’équipe sortante d’Eric Piolle, a donné lieu à une nouvelle série d’échanges agités. Ce premier conseil municipal a-t-il donné le ton du mandat à venir ?

Une délibération polémique pour le prochain conseil

Entre divisions politiques, alliances fragiles et débats déjà explosifs, la nouvelle majorité menée par Laurence Ruffin devra rapidement trouver une forme de stabilité pour gouverner la ville. Une carte que les élus Insoumis n’ont pas forcément envie de jouer tout de suite. Pour le prochain conseil municipal, ils ont déjà annoncé qu’ils demanderaient l’annulation du jumelage entre Grenoble et la ville israélienne de Rehovot. Un sujet hautement sensible qui n’est évidemment pas fait pour faire redescendre la tension.

* Les 21 adjoints : Kismoune Abdelwaheb, Germain Amandine, Belair Margot, Monge Alexis, Tadjine Mehdi, Marcoux Léonie, Pantel Chloé, Moreau Gilles, Beltran-Lopez Luis, Cenatiempo Cécile, Monot Gaëtan, Peters Isabelle, Capdepon Kheira, Namur Gilles, Krief Sandra, Bertrand Olivier, Deslattes Céline, Sy Michelle, Kada Nicolas, Back Antoine, Berlandis Vincent

🎥 Le moment symbolique de la remise de l’écharpe de maire

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