Cinq mois après la fusillade qui avait fait un mort et quatre blessés dans le quartier Mistral à Grenoble, deux nouveaux suspects ont été mis en examen. L’un d’eux aurait recruté les tueurs depuis sa cellule de prison, pour le compte de narcotrafiquants réfugiés au Maroc.

L’enquête sur la fusillade mortelle du quartier Mistral connaît une nouvelle avancée. Deux personnes, un homme et une femme, ont été interpellées la semaine dernière et mises en examen le 22 octobre, selon des informations révélées jeudi 29 octobre par une source policière.

Les enquêteurs cherchent désormais à remonter jusqu’aux organisateurs de cette attaque, survenue le 26 mai dernier devant le local du club de football du quartier Mistral, avenue Rhin-et-Danube.

siège du FC Mistral fusillade
La fusillade a visé la petite place à droite devant le siège du FC Mistral.

Des tueurs recrutés depuis une prison

L’homme interpellé, déjà incarcéré dans une autre affaire, est soupçonné d’avoir recruté les auteurs de la fusillade depuis sa cellule. Il aurait agi sur les instructions de deux criminels réfugiés au Maroc, dans le cadre d’un règlement de comptes lié au trafic de stupéfiants.

La femme mise en cause aurait, de son côté, participé à l’organisation logistique de l’opération. Tous deux ont été mis en examen. L’homme fait l’objet d’un mandat de dépôt dans ce dossier, tandis que la femme a été placée sous contrôle judiciaire.

Une attaque meurtrière en pleine rue

Le 26 mai dernier, plusieurs individus circulant à bord d’un 4×4 avaient ouvert le feu sur un groupe de personnes réunies devant le local du club de foot de Mistral. Un homme de 33 ans avait été tué, atteint de deux balles dans le dos. Plusieurs autres personnes avaient été blessées.

L’attaque, particulièrement violente, avait été présentée par le procureur de Grenoble comme un nouvel épisode de la guerre que se livrent les réseaux de narcotrafic dans l’agglomération. Pour impressionner l’adversaire, la fusillade avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux.

Les commanditaires toujours recherchés

Trois suspects avaient rapidement été interpellés : deux adolescents de 16 et 17 ans, arrêtés à Lyon, et une jeune femme soupçonnée d’avoir conduit le véhicule utilisé par les assaillants.

Tous trois avaient été mis en examen et placés en détention provisoire. La conductrice présumée aurait reconnu son implication tout en affirmant avoir agi sous la menace.

Avec ces deux nouvelles mises en examen, cinq personnes sont désormais poursuivies dans cette affaire. Les investigations mettent en lumière une organisation criminelle qui pourrait dépasser largement les frontières de l’agglomération grenobloise, avec des donneurs d’ordre installés à l’étranger et des exécutants recrutés à distance.