Un an après la suspension d’Éric Piolle de ses fonctions de porte-parole des Écologistes, le parti s’apprête à lui chercher officiellement un successeur. Le Marseillais Amine Kessaci est candidat, avec le soutien de Marine Tondelier.
La page Éric Piolle pourrait définitivement se tourner à la direction des Écologistes. Sur sa page facebook, Amine Kessaci annonce ce vendredi sa candidature au poste de porte-parole du mouvement, laissé vacant depuis la suspension de l’ancien maire de Grenoble. Une candidature soutenue par la secrétaire nationale du parti, Marine Tondelier.
Un poste remporté par Éric Piolle en 2025
L’histoire de ce porte-parolat avait commencé dans un climat politique déjà tendu. En avril 2025, Éric Piolle avait remporté le scrutin interne et était devenu l’un des deux porte-parole des Écologistes, aux côtés d’Aminata Niakaté. Le résultat officiel du congrès avait confirmé son élection, alors que Marine Tondelier soutenait un autre candidat.
Mais l’ancien maire de Grenoble n’était resté que quelques mois en fonction. Le 16 septembre 2025, la direction des Écologistes l’avait suspendu à titre conservatoire de son mandat de porte-parole et du bureau politique dans le contexte de l’instruction judiciaire ouverte à Grenoble pour « concussion » et « recel de délit ».
Cette procédure concerne des soupçons autour du versement de 16 800 euros à l’ancienne première adjointe Élisa Martin par l’intermédiaire d’un ancien collaborateur de la mairie. L’enquête avait été ouverte en juin 2024 mais le dossier est toujours en instruction et Éric Piolle a contesté les accusations portées contre lui.
Kessaci, figure de la lutte contre le narcotrafic
Pour lui succéder, les Écologistes pourraient donc choisir un profil très différent. Amine Kessaci s’est fait connaître par son engagement contre le narcotrafic à Marseille et est depuis plusieurs années proche du mouvement écologiste. Il figurait notamment sur la liste Europe Écologie aux élections européennes de 2024.
Sa candidature bénéficie cette fois du soutien de Marine Tondelier. Mais est-ce un atout ? On se rappelle qu’en 2025, Éric Piolle avait précisément remporté le porte-parolat contre la volonté de la secrétaire nationale. Depuis, les relations sont tendues entre l’ancien maire de Grenoble et la direction du parti.
Les adhérents devront se prononcer du 23 au 26 octobre. Mais que se passera-t-il si d’ici là le parquet de Valence, en charge du dossier judiciaire d’Eric Piolle, décide de classer l’affaire sans suite ? Sa suspension n’a été prononcée qu’à titre conservatoire pour deux ans ou jusqu’à ce que la justice tranche.
Donc le 15 septembre 2027, Eric Piolle pourrait retrouver son poste de porte-parole. Quid alors d’Amine Kessaci ? Le jeune militant n’aura fait que quelques mois d’intérim dans une période présidentielle où la parole est principalement accaparée par les présidents des partis. Difficile de trouver du sens à cette démarche. Ils ont beau défendre avec conviction l’environnement, les écologistes ont un vrai don pour construire des usines à gaz…