Ils ont le même nombre d’élus au conseil municipal : 13. Mais c’est sûrement le seul point commun. Après La France Insoumise mardi, ce sont les élus de droite et du centre qui ont tenu ce mercredi une conférence de presse devant l’Hôtel de Ville de Grenoble pour expliquer comment ils envisagent leur rôle dans l’opposition.

« La campagne a été dégueulasse et le mandat commence de la même manière ! » Clément Chappet qui a pris la présidence du groupe après la démission d’Alain Carignon pose tout de suite ses jalons. « Laurence Ruffin a commis une vraie faute morale en faisant rentrer des aboyeurs qui se comportent déjà en nervis comme les délinquants qu’ils défendent. Pour nous c’est inacceptable et on les combattra de toutes nos forces. On ne veut pas laisser la ville de Grenoble être abimée par 6 années supplémentaires qui risquent d’être pires que les 6 dernières d’Eric Piolle vu le pédigrée des élus LFI qui sont arrivés avec Laurence Ruffin. »

« Sale tapette »

Clément Chappet dénonce un climat « de menaces, d’intimidations et d’homophobie » en faisant référence à une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux depuis le début de semaine dans laquelle on voit Allan Brunon, leader des Insoumis grenoblois, traiter de « sale tapette » un militant du camp adverse. Le nouvel élu s’est depuis excusé mais cette séquence illustre la tension qui a régné sur cette fin de campagne et qui pourrait se poursuivre au sein du conseil municipal.

Un mandat qui s’annonce très compliqué

Une cohabitation apaisée entre les deux oppositions déclarées semble aujourd’hui impossible. Par le jeu de quelques démissions*, la liste Réconcilier Grenoble a fait rentrer des personnalités plus chevronnées prêtes à tenir la dragée haute aux jeunes Insoumis (9 sur 13 ont moins de 30 ans). Mais ceux-ci ne seront évidemment pas en reste. Coincée entre les deux, Laurence Ruffin va devoir éviter les balles.

« Un détournement de la loi »

Elle n’est pas encore officiellement maire de Grenoble mais certains lui prédisent déjà un mandat très compliqué. « Cette fusion technique est un détournement de la loi tout simplement » estime Nathalie Béranger, conseillère municipale LR depuis 2014. « La loi est faite pour donner une majorité franche à l’équipe qui arrive en tête et donc au maire pour gérer la ville. Comment madame Ruffin va-t-elle faire avec une majorité aussi faible ? » Cette question, il n’est pas impossible que la première concernée se la pose elle-même.

En s’alliant avec La France Insoumise, Laurence Ruffin a-t-elle fait le bon choix ? C’était le titre de l’un de nos articles publié avant le deuxième tour. Pour gagner, les urnes ont répondu oui, mais pour gouverner sereinement… On aura sûrement quelques éléments de réponse, ce vendredi, à l’issue du premier conseil municipal d’investiture.

* Les 13 élus avec leur place initiale sur la liste : Nathalie Béranger (2), Pierre-Edouard Cardinal (3), Anouchka Michard (4), Clément Chappet (5), Emilie Chalas (6), Thierry Aldeguer (7), Brigitte Boer (8), Delphine Bense (12), Jean-Luc Rizzi (13), Franck Benhamou (15), Rdija Thérèse Sahiri (16), Stéphane Robin (17), Jean-Noël Pusel (19)

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