Après les recompositions politiques à la Métropole, la rupture s’étend au conseil municipal de Grenoble. Dans un communiqué publié ce lundi matin, Rdjija Sahiri annonce son départ du groupe "Réconcilier Grenoble" (la liste d’Alain Carignon) et dénonce de "fortes pressions politiques" exercées après ses prises de position critiques sur les alliances métropolitaines. Clément Chappet leader du groupe a réagi.
L’élection de Guillaume Lissy à la présidence de la Métropole continue de produire ses effets sur la scène politique grenobloise. Dans un communiqué diffusé ce lundi, Rdjija Sahiri annonce qu’elle quitte le groupe "Réconcilier Grenoble" au conseil municipal. Elle siègera désormais comme "élue non inscrite attachée à une sensibilité politique de gauche". L’élue explique sa décision par son désaccord"face aux évolutions politiques en cours au sein du groupe Réconcilier Grenoble et aux recompositions intervenues à la Métropole". Dans son viseur, ses anciens colistiers – Emilie Chalas et Pierre-Edouard Cardinal – coupables selon elle de s’être désolidarisés pour siéger dans le groupe centriste à la Métropole. Ils font du coup partie de la nouvelle majorité présidée par le socialiste Guillaume Lissy.
"J’ai refusé de me taire"
Dans son communiqué, Rdjija Sahiri affirme avoir subi des pressions après ses prises de parole publiques. "J’ai subi de fortes pressions politiques afin que je revienne sur mes propos, que je limite ma liberté d’expression en tant qu’élue municipale et que je présente des excuses publiques aux représentants du groupe métropolitain Alpes", écrit-elle. Elle met directement en cause Alain Carignon ainsi que Clément Chappet, président du groupe "Réconcilier Grenoble". "J’ai refusé de me taire", poursuit-elle, estimant que certains responsables politiques ont "progressivement utilisé notre groupe comme un marchepied politique personnel". L’élue conteste également la légitimité de ceux qui "revendiquent seuls l’héritage politique des 22 000 électeurs de Réconcilier Grenoble", jugeant que les choix opérés aujourd’hui à la Métropole "contredisent profondément l’esprit et les engagements" défendus pendant la campagne municipale.
Une ligne politique revendiquée à gauche
Rdjija Sahiri affirme vouloir poursuivre son engagement autour"de la justice sociale, de la dignité des habitants des quartiers populaires, de la transparence démocratique et du respect de la parole donnée aux électeurs". Peu de chance néanmoins qu’elle donne sa voix au groupe de Laurence Ruffin ou d’Allan Brunon. A voir lors du prochain conseil municipal, prévu le 26 mai si elle gardera le même siège. Cette prise de distance acte un peu plus les tensions internes provoquées par les recompositions politiques en cours entre Grenoble et la Métropole.
Un "non-événement" pour Clément Chappet
Contacté par nos soins, Clément Chappet minimise la portée de ce départ. Le président du groupe "Réconcilier Grenoble" évoque "un non-événement" qu’il attribue "uniquement à son tempérament personnel". Il critique un comportement "individualiste et conflictuel" qui aurait progressivement isolé l’élue au sein du collectif. "Je déplore qu’elle n’ait pas réussi à faire passer la cause de Grenoble et le respect de nos électeurs avant ses intérêts et ressentiments personnels", affirme-t-il en précisant qu’elle " est allée jusqu’à faire subir des humiliations inacceptables et un harcèlement répété à notre collaboratrice de groupe". Clément Chappet assure enfin que le groupe "poursuit son travail sereinement", dans "une ambiance désormais apaisée", avec une équipe qu’il juge toujours fidèle au projet défendu devant les Grenoblois.