Après avoir annoncé en début de semaine qu’il ne briguerait pas un troisième mandat à la tête de la Métropole de Grenoble, Christophe Ferrari a brossé le portrait du candidat idéal pour prendre sa succession. On a pensé que ça pouvait correspondre au socialiste Guillaume Lissy. C’est visiblement loin d’être le cas !
Un candidat "connaissant la vie communale tout comme les rouages métropolitains, ouvert à toutes celles et ceux qui veulent faire passer l’intérêt général avant les étiquettes". Voilà comment le président sortant voit son successeur. "Cette candidature suppose de respecter le poids politique de chacun issu des urnes et ainsi d’être une majorité fortement ancrée à gauche, ouverte aux petites communes, et capable d’associer le centre et la droite républicaine à une gouvernance utile au territoire. "
Trois candidats s’étant officiellement déclarés – Allan Brunon, Guillaume Lissy et Raphaël Guerrero – on s’est logiquement demandé lequel correspondait le mieux au descriptif proposé par le président sortant qui précisait que Grenoble devait avoir un rôle central dans le nouvel exécutif.
Novice en politique, l’insoumis Allan Brunon, est élu grenoblois mais n’est pas un habitué des rouages métropolitains et de la gestion communale. Raphaël Guerrero par contre maitrise parfaitement ces deux aspects mais le maire de Jarrie, sans étiquette, n’est donc pas particulièrement ancré à gauche.
Il reste donc Guillaume Lissy, maire de Seyssinet-Pariset et conseiller communautaire depuis six ans, soutenu par tous les partis de gauche hors LFI et par la maire de Grenoble, Laurence Ruffin, fléchée pour être la numéro 2 de la Métropole en cas d’élection. Un rôle central donc pour la ville centre comme le souhaite Christophe Ferrari.
Après son communiqué, Guillaume Lissy a ouvert à la porte aux autres composantes de l’assemblée métropolitaine en invitant "toutes celles et ceux qui se retrouvent dans cette volonté d’une gouvernance plus équilibrée et apaisée à venir écrire une nouvelle page d’une Métropole porteuse d’un projet ambitieux et aux service de ses habitants. "
On a donc émis l’hypothèse que, sans le nommer, Christophe Ferrari semblait apporter un soutien implicite à Guillaume Lissy. Vu la réaction virulente de son cabinet qui a qualifié notre article de "mensonge et désinformation ! ", on peut dire, sans trop se tromper cette fois, que l’on a fait fausse route. Il n’est pas toujours facile de décrypter les circonvolutions de certains politiques.
Cette hypothèse nous a au moins permis de déboucher sur une véritable information : Christophe Ferrari ne soutient pas la candidature de Guillaume Lissy avec lequel il a pourtant partagé des convictions au sein du parti socialiste et qui était dans sa majorité métropolitaine ces six dernières années.
L’ancien président de la Métropole espère visiblement voir émerger un quatrième profil d’ici demain où se jouera l’élection. Sinon il faudra bien qu’il choisisse entre les trois en lice. Mais le vote étant à bulletin secret, on ne pourra faire, une fois de plus, que des hypothèses sur son choix final…