La date est tombée ce mercredi. Les 110 conseillers communautaires, issus des Municipales, sont convoqués le jeudi 23 avril à 13h30 pour élire le nouveau président de la Métropole. Il reste donc 7 jours aux différents protagonistes pour trouver une majorité capable de piloter la collectivité. On vous explique pourquoi ça ne va pas être simple.

Le mode de scrutin pour l’élection du président de Grenoble-Alpes-Métropole prévoit qu’un candidat doit obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés, pour être élu au premier ou au deuxième tour. Si ce n’est pas le cas, un troisième tour est organisé, où la majorité relative permet l’élection.

Aux Municipales, la loi fait en sorte qu’un candidat qui arrive en tête sans avoir obtenu la majorité absolue (dans le cas d’une triangulaire par exemple) bénéficie automatiquement de plus de 50% des sièges pour pouvoir gouverner confortablement. Pour la Métropole, ce n’est pas le cas. Aucun groupe n’étant majoritaire seul, il va donc falloir faire des alliances pour dégager une majorité stable. Et c’est là que ça se complique.

Si on fait l’état des forces en présence, on a une gauche unie, hors LFI, qui peut revendiquer, selon notre décompte, 46 élus; les petites communes de l’agglomération en comptent 29, la droite et le centre 25, La France Insoumise 8 et le Rassemblement National 2. Il faut 56 voix pour être majoritaire. Sortez vos calculettes, vous verrez que le calcul n’est pas simple…

Le maire socialiste de Seyssinet-Pariset, Guillaume Lissy, soutenu également par les communistes et les écologistes, a annoncé sa candidature lundi. Il semble le mieux placé sur la papier pour l’emporter mais il lui manque quand même 10 voix pour atteindre la majorité. Même avec celles de LFI, ça ne suffirait pas. Il n’a d’ailleurs pas discuté avec eux et les Insoumis ont annoncé depuis longtemps qu’ils défendraient la candidature d’Allan Brunon.

Guillaume Lissy tend donc la main en direction du groupe pivot constitué des élus des petites communes de l’agglomération dans lequel on retrouve diverses sensibilités politiques. Mais ce groupe veut s’associer avec tout le monde (la gauche, le centre et la droite) ou avec personne. Cette coalition serait inédite pour diriger la Métropole mais les élus de gauche n’en veulent pas estimant qu’il faut un projet politique clair pour avancer. Si chacun reste sur ses positions (c’est de la politique, ça peut encore bouger…), le groupe des petites communes pourrait lui aussi présenter un candidat. Raphaël Guerrero, le maire de Jarrie et actuel vice-président aux finances de la Métropole, semble le mieux placé.

Dans ce cas de figure, les voix de la droite et du centre pourraient se porter sur ce candidat forcément plus neutre à leur yeux que le socialiste Guillaume Lissy. Raphaël Guerrero pourrait donc remporter le scrutin, mais sans majorité. Dans son groupe, on retrouve les maires de La Tronche, Poisat, Pont-de-Claix, Vizille ou encore Saint Barthélémy-de-Séchilienne qui se revendiquent de gauche. Valideront-ils l’option de faire basculer la Métropole à droite ? Réponse le 23 avril.

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