L’organisation d’un concert prévu le 23 mai dans des locaux municipaux grenoblois provoque une vive réaction des élus de droite et du centre. Dans un communiqué, le président du groupe d’opposition Clément Chappet annonce avoir saisi le tribunal administratif pour interdire l’événement qu’il estime susceptible de provoquer des troubles à l’ordre public. La décision sera rendue ce vendredi.
Le concert doit se tenir au 102 rue d’Alembert, dans un bâtiment appartenant à la municipalité, et est organisé par le collectif Action Antifasciste Grenoble qui propose trois jours de festivités à l’occasion de son cinquième anniversaire. Selon Clément Chappet," ce concert aurait pour objectif de récolter des fonds destinés à soutenir plusieurs personnes actuellement mises en examen et placées en détention provisoire dans le cadre de l’enquête sur la mort de Quentin Deranque ".
Ce dernier, militant d’extrême droite, avait été mortellement agressé en février dernier à Lyon. Les individus incarcérés dans cette affaire sont proches du mouvement La Jeune Garde dissous officiellement en juin 2025 par l’Etat. Dans son communiqué, Clément Chappet dénonce "l’indécence" d’un événement de soutien à des personnes soupçonnées de violences mortelles. L’élu évoque également un risque "manifeste d’apologie de la violence" et s’inquiète de la présence annoncée de militants radicaux.
L’opposition avait demandé à la municipalité grenobloise il y a quelques jours de prendre "toutes les mesures nécessaires" afin d’empêcher la tenue du concert. Sans réponse, onze élus ont décidé de saisir le tribunal administratif. Parmi eux, l’ancienne députée macroniste Emilie Chalas alors qu’au même moment sa collègue Aurore Bergé, ministre de l’égalité femmes-hommes, a refusé de se prononcer sur l’annulation d’autres concerts qui pourraient perturber l’ordre public : ceux de Patrick Bruel.