Avec les fortes chaleurs, ils sont de plus en plus nombreux à se baigner, marcher ou jouer dans le lit du Drac. Dans un communiqué, EDF alerte sur les dangers réels et méconnus de cette rivière, dont le niveau peut monter brutalement en quelques minutes, même sous un ciel dégagé.
Face au retour des fortes chaleurs, EDF publie une mise en garde à destination du grand public. Chaque année, et plus encore depuis que les étés s’intensifient, des personnes s’installent dans le lit du Drac pour se baigner, se promener sur les bancs de graviers ou y jouer, y compris avec des enfants. Une fréquentation en forte hausse que l’exploitant hydraulique juge préoccupante, en raison des dangers propres à cette rivière de montagne. "Le Drac n’est pas un lieu de baignade", rappelle EDF dans son communiqué. "Une rivière calme peut devenir dangereuse en quelques minutes."

Un printemps à haut risque
La période actuelle cumule plusieurs facteurs aggravants. L’hiver 2026 a laissé un manteau neigeux exceptionnellement abondant dans les Alpes du Nord, et avec l’isotherme zéro degré établi à 4 000 mètres, la fonte alimente massivement les cours d’eau en aval. S’y ajoutent les apports des affluents non régulés et les lâchers des ouvrages hydroélectriques, fortement sollicités au printemps. Dans le secteur grenoblois, les débits peuvent atteindre 165 m³/s, provoquant des variations importantes de hauteur et de vitesse en quelques minutes seulement, sans aucun signe avant-coureur visible — et par beau temps.
Des pratiques qui se multiplient et des dangers banalisés
Ces dernières années, les usages dans le lit du Drac se sont diversifiés : baignades urbaines, paddle, float-tube, plongeons depuis les berges. Sur les réseaux sociaux, des vidéos incitent à ces pratiques sans évoquer les risques. EDF souligne qu’un courant puissant peut emporter une personne en quelques secondes, que des tourbillons se forment sans prévenir, et qu’une zone apparemment sûre — un banc de sable, un bras secondaire à sec — peut se retrouver submergée rapidement. Savoir nager ou porter un gilet de sauvetage ne suffit pas à se protéger de ces phénomènes.
Ce qu’EDF recommande
Dans son communiqué, EDF liste les comportements à adopter et ceux à éviter absolument. Il est fortement déconseillé de se baigner dans le Drac, de s’installer dans son lit, de traverser les bancs de graviers, ou de tenter de secourir un animal emporté par le courant. À l’inverse, il convient de rester sur les berges autorisées, de surveiller en permanence le niveau de l’eau en prenant un repère fixe, de ne jamais quitter les enfants des yeux, et de quitter immédiatement les lieux à la moindre variation du niveau. Des zones de baignade aménagées et autorisées existent par ailleurs dans l’agglomération et doivent être privilégiées. En cas de danger, le réflexe doit être d’alerter immédiatement les secours. Des arrêtés préfectoraux interdisent l’accès à certaines zones et des dispositifs d’alerte au débit sont en place, mais EDF souligne que ces mesures ne sont efficaces que si elles sont respectées.
Le collectif des gens qui ont chaud face aux interdictions
Ces avertissements n’empêchent pas la contestation. Le collectif des Gens qui ont chaud revendique le droit à la baignade dans le Drac et dans l’Isère, et a déjà organisé plusieurs actions militantes sur les berges pour défendre cet accès. En septembre dernier, il avait ainsi mis en place des baignades dans les deux rivières, bravant les interdictions en vigueur. La maire de Grenoble, Laurence Ruffin, a de son côté promis que les Grenoblois pourront se baigner dans l’Isère le 29 août prochain.