Le nouveau président de la Métropole de Grenoble est l’invité de l’émission Le +, cette semaine. Il est revenu sur son élection mouvementée et sur le défi qui l’attend : faire travailler ensemble des élus issus de tous les horizons politiques.
Un exercice qui rappelle celui que tente, non sans difficulté, le Premier Ministre Sébastien Lecornu depuis l’automne dernier. Guillaume Lissy aborde cette situation avec humilité et pragmatisme : « Je ne suis pas un moine-soldat, mais un militant de l’action locale avec des convictions de gauche. L’objectif est de rassembler les gens autour de la table et de trouver des terrains d’entente. Je ne suis pas certain d’y parvenir, mais il me semble fondamental d’essayer. Face à ce bazar général, plutôt que de laisser la parole aux plus radicaux, qui ne souhaitent que faire exploser la cocotte, il faut chercher un chemin raisonnable. »
Une coalition très large plutôt qu’une dépendance à LFI
Au cours de l’émission, il est également revenu sur son malaise qui a fait basculer l’élection métropolitaine d’une majorité de gauche dépendante de La France Insoumise à une coalition plus large, réunissant la plupart des forces politiques : « Peut-être que mon corps m’a envoyé un signal, que le chemin n’était pas le bon. Nous avons, en tout cas, saisi ce moment pour tracer un autre chemin. Je n’ai pas de désaccord politique de fond avec LFI. Je partage beaucoup de leurs combats et de leurs indignations, même si je ne me reconnais pas dans leurs méthodes. En revanche, ce qui posait problème, c’était l’impossibilité de diriger une métropole sans majorité stable. Il nous fallait une base plus solide. »
6 mois pour établir une feuille de route commune
Cette base, il l’a trouvée dans une alliance très large, allant des communistes à la droite, en passant par les socialistes, les écologistes et les centristes. Élu avec 87 voix sur 110 (près de 80%), Guillaume Lissy reconnaît toutefois qu’il faudra du temps pour construire un programme commun : « Notre priorité est de restaurer la confiance entre les élus. Je souhaite que les six prochains mois nous permettent de définir une feuille de route commune. La Métropole est un outil puissant : elle permet d’accompagner les transitions, d’aménager l’espace public, de renforcer la solidarité entre les habitants et les territoires, et d’investir dans les quartiers qui en ont besoin. C’est une vision de gauche, mais qui peut s’entendre plus largement. Je vais fixer ce cap et on verra quel sera le compromis. »
Difficulté supplémentaire, le nouvel exécutif devra composer avec des contraintes budgétaires accrues, liées au désengagement de l’État. Il faudra économiser 12 millions d’euros supplémentaires d’ici 2027. « L’une de mes premières missions sera donc de faire plus avec moins », conclut Guillaume Lissy.