Près de deux ans après l’éboulement d’un million de mètres-cubes de roche sur la route qui relie Grenoble à Valence, le département de l’Isère et la Préfecture ont lancé ce lundi le projet de reconstruction.

Jusqu’à maintenant, le périmètre d’exclusion défini par la Préfecture de l’Isère ne permettait pas d’envisager un projet de reconstruction avec beaucoup de sérénité. Pour contourner la zone à risques, la future route devait se rapprocher du lit de l’Isère : « On allait vivre un enfer avec les procédures environnementales » craignait Jean-Pierre Barbier, le président du Département.

Un deuxième éboulement de la partie instable de la falaise survenu le 31 mars 2025 et de nouvelles études des services de l’Etat ont permis de réduire la taille de ce périmètre d’exclusion. Une situation nouvelle, actée cette semaine par un arrêté préfectoral, qui ouvre la voie à un tracé plus réaliste.

12 millions d’euros pour un kilomètre de route !

La nouvelle route sera construite en partie sur l’actuelle zone de dépôt de l’éboulement. « Il faudra sortir 60 000 m³ de matériaux pour en ramener 75 000 m³ de meilleure qualité » explique Bernard Perazio, le vice-président de l’Isère en charge des routes. « Les négociations pour l’acquisition des dix hectares de terres agricoles nécessaires à la réalisation de ces travaux vont démarrer dès cette semaine. »

Pour financer ces travaux, le Département a prévu une enveloppe de près de 12 millions d’euros (TTC) pour construire un petit kilomètre de route. « Pour La Bérarde, c’était 18 millions d’euros pour 10 kilomètres et je trouvais cela déjà très cher » avoue Jean-Pierre Barbier, « mais sur un axe qui voit passer 7500 véhicules par jour, la question du montant de l’investissement ne se pose pas. »

Bernard perzaio, Jean-Pierre Barbier et Catherine Seguin en Préfecture
Jean-Pierre Barbier, le président de l’Isère, entouré de son vice-président Bernard Perazio et de la Préfète Catherine Seguin

Les travaux ne commenceront pas avant 2028

Quant aux délais, « si on arrive à négocier ces terrains à l’amiable et s’il n’y a pas de recours sur la route, on peut espérer démarrer les travaux au 1er janvier 2028 » estime le président du Département. « Cela peut paraître long mais on ne fait pas des travaux routiers aussi importants d’un claquement de doigts. »

D’autant que des recours sont toujours possibles. Jean-Pierre Barbier en profite pour rappeler, qu’en ce moment, le chanter de sécurisation de la RD1075 en direction du col de la Croix-Haute dans le Trièves est ralenti par des procédures « initiées par les mêmes personnes qui, il y a quelques années, réclamaient un aménagement de cette route plutôt que la poursuite de l’A51… »

Des recours pourraient encore retarder le projet ?

Une petite pierre lancée dans le camp des élus et associations écologistes toujours très vigilantes, en Isère, quand les pelleteuses sont de sortie. Mais, face au besoin de la population locale de récupérer l’usage de la route au plus vite, d’éventuels recours pourraient avoir du mal à être compris. Quoi qu’il arrive, on ne roulera pas sur cette nouvelle portion avant l’été 2028, au plus tôt, soit quatre ans après que la montagne se soit effondrée.

👉 Le procès des dirigeants de la carrière à l’origine de cet éboulement s’est tenu en avril devant tribunal correctionnel de Grenoble

🎥 Interview de Jean-Pierre Barbier sur le projet de reconstruction de la route de La Rivière