Le tribunal correctionnel de Grenoble a rendu sa décision ce mardi 26 mai dans le dossier de l’éboulement survenu il y a deux ans sur la commune de La Rivière. Deux dirigeants de la carrière exploitant le site ont été condamnés à 50 000 euros d’amende chacun pour avoir poursuivi l’exploitation malgré une mise en demeure administrative.
Le 25 juillet 2024, près d’un million de mètres cubes de roches et de terre s’étaient détachés des contreforts du Vercors ensevelissant la route départementale 1532, axe stratégique entre Valence et Grenoble sur la rive gauche de l’Isère, une route qui reste aujourd’hui encore coupée à la circulation. Rapidement, la carrière de calcaire exploitée sur le site avait été mise en cause, notamment par des riverains.
À l’issue d’une longue enquête menée par les gendarmes de Saint-Marcellin, les deux dirigeants avaient été jugés fin mars pour avoir poursuivi l’activité de la carrière sans respecter les prescriptions imposées par l’État. Pour éviter tout risque d’effondrement, la préfecture avait imposé à la carrière d’enregistrer les vibrations lors de chaque explosion mais entre mars et juillet 2024, treize tirs de mines ont été réalisés sans aucun capteur. Le parquet avait requis six mois de prison avec sursis et 80 000 euros d’amende contre chacun d’eux, dénonçant des manquements graves et une gestion jugée irresponsable du site.
Finalement, le tribunal n’a pas retenu la circonstance aggravante de "dégradation substantielle de l’environnement" évoquée dans les réquisitions. Les juges ont estimé qu’il n’avait pas été démontré que l’absence de mesures des vibrations générées par ces tirs d’explosifs était à l’origine directe de l’effondrement. Jean-Pierre Carron, le directeur général et Philippe Puthod, le président, ont été condamnés à une amende de 50 000 euros, la société Carrière de La Rivière à 150 000 euros. Les parties civiles, au nombre d’une quinzaine, ont été déboutées de leur demande d’indemnisation pour les préjudices subis par cet effondrement.