Au lendemain de l’accident qui a coûté la vie à deux passionnés de vol libre à la Coupe Icare, les circonstances du drame restent à établir. Plusieurs témoignages orientent toutefois les interrogations vers une possible défaillance matérielle.
Que s’est-il passé dimanche matin, quelques secondes après le décollage du deltaplane de Rhal Ssan et Nadège Chifflot à Saint-Hilaire-du-Touvet ? Au lendemain du drame qui a endeuillé la Coupe Icare, l’enquête doit désormais déterminer pourquoi l’appareil est devenu incontrôlable avant de terminer sa course dans la falaise.
L’enquête ouverte par le parquet de Grenoble a été confiée à la brigade de gendarmerie des transports aériens. Le deltaplane accidenté devrait constituer une pièce essentielle pour comprendre l’origine du drame. Le pilote était connu et respecté dans le petit milieu du deltaplane.
Le décollage se serait déroulé normalement
Dans les premières heures suivant l’accident, l’hypothèse d’un problème survenu au décollage a été évoquée. Les conditions météorologiques étaient pourtant décrites comme très bonnes par les organisateurs et d’autres pilotes ont décollé dans le même créneau sans difficulté.
Plusieurs témoins présents sur place livrent désormais une description différente. L’un d’eux qui dit avoir assisté directement à l’accident et être une proche des victimes, affirme que « le décollage s’est très bien passé ». Selon lui, le problème serait apparu une fois l’appareil en vol. L’aile se serait refermée. Un comportement particulièrement inhabituel pour un deltaplane, dont la structure est normalement maintenue par une armature rigide.

Une rupture mécanique ?
Dans le milieu du delta, ce témoignage alimente depuis dimanche les discussions autour d’une possible défaillance matérielle. Parmi les hypothèses évoquées figure notamment la rupture d’un élément de la structure ou d’une articulation du deltaplane. Certaines parties de l’armature peuvent être recouvertes par des protections, ce qui rend leur inspection visuelle moins immédiate.
Des spécialistes du vol libre ayant réagi à notre précédent article estiment ainsi qu’une rupture mécanique pourrait expliquer la déformation brutale de l’aile décrite par les témoins. Mais à ce stade, rien ne permet d’affirmer qu’une pièce a effectivement cassé, encore moins d’identifier laquelle. Seul l’examen technique de l’appareil pourra confirmer ou écarter cette hypothèse. Il faudra notamment déterminer si les dégâts observés sur le delta sont à l’origine de l’accident ou s’ils sont, au contraire, la conséquence de la chute et de l’impact contre la falaise.
Le parachute de secours n’a pas suffi
Un autre élément devra être analysé : le parachute de secours a bien été déclenché. Les premiers éléments recueillis après l’accident indiquent cependant qu’il n’a pas permis d’empêcher le deltaplane de percuter la paroi. La chronologie précise des quelques secondes séparant le décollage de la chute sera donc déterminante : à quelle hauteur le problème est-il apparu ? Comment l’aile s’est-elle comportée ? À quel moment le parachute a-t-il été déclenché ?
Le pilote, Rhal Ssan, avait l’habitude de filmer ses sortis en deltaplane avec une caméra embarquée. La photo d’illustration est issue de l’un de ses vols en binôme, lors de la Coupe Icare 2025. En était-il équipé ce matin-là ? En tout cas, les enquêteurs ont récupéré plusieurs vidéos.
Leur examen couplé à celui de l’aile devrait être décisif pour comprendre pourquoi, quelques secondes après un décollage que les témoins décrivent comme normal, le vol de Rhal Ssan et Nadège Chifflot a basculé dans le drame.
🎥 Le pilote décédé, Rhal Ssan, avait été interviewé lors de la précédente édition de la Coupe Icare