Après les scènes de violence survenues samedi 17 octobre à Grenoble, l’insoumis Allan Brunon a adressé un signalement au procureur de la République. Il dénonce un coup porté au visage d’une femme par un policier.
Les événements qui ont secoué Grenoble samedi pourraient connaître des prolongements judiciaires. Quinze personnes interpellées samedi au cours de ces violences urbaines ont été présentées à un juge ce lundi. Cinq ont reconnu préalablement leur culpabilité.
En attendant de connaître la nature des sanctions prononcées par la justice contre les casseurs, une vidéo circule sur les réseaux sociaux. Elle semble incriminer cette fois l’autre camp, celui des forces de l’ordre.
Un coup de poing en plein visage ?
La scène se déroule rue de Bonne dans l’entrée du magasin de prêt à porter Marie Chantal. On y voit un policier porter un coup au visage d’une femme qui, à ce moment là, est dans une attitude calme. Il est difficile d’apprécier les circonstances mais le coup « gratuit » semble bien réel.
Allan Brunon, élu de La France insoumise au conseil municipal de Grenoble a décidé de saisir le procureur de la République pour dénoncer des faits de violences policières présumées. Il effectue ce signalement au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale qui oblige un élu à dénoncer sans délai un délit ou un crime dont il aurait connaissance.
Des images qui interrogent
« Ces images soulèvent de sérieuses interrogations quant aux circonstances de cette intervention et à la proportionnalité de l’usage de la force par les forces de l’ordre », écrit l’élu dans un courrier adressé au parquet de Grenoble.
Allan Brunon estime que les faits méritent un examen approfondi par l’autorité judiciaire afin de déterminer si une infraction pénale a été commise. Dans sa lettre, il insiste sur la nécessité de garantir l’intégrité physique des personnes lors des interventions policières, quelles que soient les circonstances.
Une demande d’enquête
L’élu insoumis demande au procureur que les faits signalés fassent l’objet de « toute l’attention nécessaire » et que les éventuelles violences commises soient « pleinement établies et sanctionnées ». Il se dit également prêt à transmettre aux autorités judiciaires la vidéo concernée ainsi que tout élément complémentaire en sa possession.
Ce signalement intervient dans un contexte particulièrement tendu à Grenoble. Samedi 17 octobre, plusieurs manifestations avaient rassemblé jusqu’à 13 000 personnes selon la préfecture de l’Isère. En marge des cortèges, de violents affrontements avaient opposé des groupes d’individus aux forces de l’ordre, tandis que des commerces étaient pris pour cible et que du mobilier urbain et des voitures étaient incendiés.
La balle dans le camp de la justice
À ce stade, les circonstances précises de la scène dénoncée restent à établir. Le courrier de l’élu constitue un signalement à l’autorité judiciaire et ne préjuge ni de l’existence d’une infraction ni de la responsabilité du fonctionnaire concerné. Cette vidéo de quelques secondes est-elle aussi choquante que les pillages de samedi ?
Ce lundi soir, le parquet de Grenoble n’avait enregistré aucune plainte concernant d’éventuelles violences policières et le courrier d’Allan Brunon ne lui avait pas encore été transmis. Avec l’utilisation de plus en plus fréquente de l’intelligence artificielle, il faut rester prudent face aux vidéos des réseaux sociaux mais cette séquence qui y circule n’est pas de nature à apaiser les tensions alors qu’un nouvel appel à manifester à Grenoble a été lancé par les Gilets jaunes pour le samedi 24 octobre.

