Avant l’ouverture d’une nouvelle séance du conseil municipal de Grenoble ce mardi 6 octobre, la maire a tenu à revenir sur les incidents qui ont conduit à l’annulation de la séance précédente.
Laurence Ruffin a d’abord annoncé que le procureur avait ouvert une enquête sur les incidents du 29 septembre et qu’elle serait auditionnée cette semaine. La Ville de Grenoble a remis à la justice le procès-verbal du déroulé des événements et les vidéos enregistrées par les caméras-piétons des policiers municipaux.
La maire de Grenoble a également voulu clarifier la raison pour laquelle les élus insoumis avaient été interdits d’entrer dans la salle du conseil municipal : « Ce n’est pas lié à la question des keffiehs, mais à une arrivée en groupe, bruyante, avec des panneaux de revendications. Il y avait une volonté de prévenir un trouble à l’ordre public, car les manifestations sont interdites au sein du conseil municipal. »
« Une violence inquiétante »
Ces panneaux pro-palestiniens portés par les élus faisaient écho au retrait d’une délibération proposée par LFI pour annuler le jumelage entre Grenoble et la ville israélienne de Rehovot. « Ce n’est pas un problème d’avoir une discussion sur ce jumelage, au contraire », affirme Isabelle Peters. L’adjointe à l’international promet d’ailleurs que le débat aura lieu d’ici la fin de l’année.
Laurence Ruffin a souligné « une croissance inquiétante de la violence de la part du président du groupe LFI ». Vincent Berlandis, son adjoint à la coopération, a listé les faits reprochés à Allan Brunon : « insulte homophobe à l’encontre d’un commerçant en mars, provocations et intimidations régulières sur les membres de la majorité, accusations de sexisme au sein même de son groupe avec le départ de deux élus en juin ou encore l’épisode Barbara Butch avec le lynchage d’une femme seule sur une scène cet été. Cette recherche de conflictualité assumée devient une volonté d’empêcher l’institution de fonctionner » conclut l’élu.

La droite dénonce une institution sclérosée
Un constat sur lequel l’opposition de droite rebondit : « On ne peut pas confier le contrôle de nos deniers publics à des élus qui agressent des agents de la collectivité. Or, à ce jour, Allan Brunon est toujours président de la commission des finances et Laurence Ruffin, qui l’a nommé, ne veut pas le sanctionner. On a la confirmation, aujourd’hui, que la Ville va rester dans ce même fonctionnement qui sclérose l’institution municipale, avec une majorité qui reste sous la coupe réglée de La France insoumise. »
En pointant le péché originel, Clément Chappet, le président du groupe de la droite et du centre appuie là où ça fait mal : l’alliance « technique » passée au second tour entre Laurence Ruffin et Allan Brunon pour battre la liste d’Alain Carignon. La victoire a été confortable, la suite beaucoup moins…

Allan Brunon réclame aussi des sanctions
De son côté, Allan Brunon conteste les intentions qu’on lui prête : « La semaine dernière, nous sommes arrivés paisiblement sans intention de manifester. Et nos vidéos le prouveront. La seule chose que l’on veut, c’est exercer notre mandat. Nous voulons dire à Madame Ruffin que nous ne sommes pas des élus de seconde zone, même si nous sommes issus des quartiers populaires. »
Les deux anciens « alliés » partagent au moins une attente sur ce dossier : ils espèrent des sanctions… « Ce n’est pas acceptable que des agents qui ont insulté ma collaboratrice ne soient pas condamnés. Ce n’est pas acceptable que des agents qui empêchent l’exercice du mandat politique d’un élu ne soient pas condamnés. Toutes les jurisprudences administratives vont dans notre sens. Rien ne nous empêchait, la semaine dernière, d’exercer nos mandats. Nous avons été empêchés par une police violente qui a outrepassé ses prérogatives » estime Allan Brunon.
Ce sera donc à la justice de trancher entre ces deux analyses diamétralement opposées d’une même situation. Justifiée ou pas, l’intervention de la police municipale la semaine dernière a, en tout cas, créé plus de problèmes qu’elle n’en a réglé. Ce mardi matin, les élus insoumis, avec leurs keffiehs, ont pris place au conseil municipal sans incident. Mais pour combien de temps ?
