Le conseil municipal a été suspendu puis reporté ce mardi 29 septembre suite à de violents accrochages entre la police municipale et des représentants de La France Insoumise. Au cœur des tensions : une contestation liée au jumelage de la commune avec la ville israélienne de Rehovot.
L’incident est survenu dès l’ouverture de la session vers 10 heures 30. Les membres du groupe LFI, emmenés par Allan Brunon, se sont vu refuser l’accès à l’enceinte municipale alors qu’ils arboraient des visuels revendicatifs collés sur leurs équipements informatiques. Le règlement intérieur interdisant ces affichages, la sécurité est intervenue, déclenchant des bousculades dans les accès à la salle.
Les représentants insoumis entendaient protester contre le rejet d’une délibération réclamant la fin du jumelage avec Rehovot. Face à la dégradation de la situation, la séance a immédiatement été arrêtée.
Des versions divergentes et des plaintes déposées
L’exécutif municipal fait état de débordements physiques à l’encontre du personnel de sécurité. Trois policiers ont dû être examinés à l’hôpital et cinq plaintes ont été enregistrées pour dénoncer ces agissements. La maire écologiste Laurence Ruffin a vivement réagi pour condamner ces agissements : « Il est très choquant d’assister à des violences dans l’enceinte de l’hôtel de ville, des violences de la part d’élus qui les amènent, et je veux assurer de tout mon soutien ces agents, mais aussi, plus largement, au service public. »
De leur côté, les représentants LFI contestent toute provocation et affirment n’avoir fait qu’exercer leur rôle démocratique. Allan Brunon soutient que son groupe ne cherchait pas à manifester et reproche à l’édile d’employer « des outils de répression contre des élus », une élue insoumise faisant valoir des contusions après le face-à-face. Une enquête a été ouverte par le parquet pour faire la lumière sur la séquence.
L’opposition exige des comptes
Du côté des rangs de la droite et du centre, le groupe « Réconcilier Grenoble » pointe directement la responsabilité de la municipalité dans cet engrenage. Son chef de file, Clément Chappet, estime qu’un seuil inacceptable a été franchi et impute la dérive au climat politique actuel : « Ce n’est plus seulement une question de compétence de la part de madame Ruffin, c’est une question de faillite morale. Donc, on appelle à la démission de Laurence Ruffin. »
Le conseil municipal du jour a donc été reporté à une date ultérieure.


