Un mois après leur audition au commissariat de Grenoble pour des faits présumés de harcèlement moral, les deux inspecteurs du travail de l’Isère et représentants syndicaux de Sud Travail ne feront finalement pas l’objet de poursuites. Le procureur de la République a classé sans suite la plainte déposée par leur hiérarchie.

Entendus le 27 mai dernier dans le cadre d’une enquête pour harcèlement moral, Pierre Boutonnet et Benoît Verrier avaient toujours contesté les accusations portées contre eux. Les deux représentants du personnel estimaient que cette procédure intervenait dans un contexte de fortes tensions avec leur hiérarchie, notamment après les contrôles menés le 1er mai sur l’application du Code du travail. Dans un communiqué publié en fin de semaine dernière, Sud Travail annonce que « la plainte pénale effectuée par une RUC et un signalement via un article 40 effectué par la direction ont été classés sans suite par le procureur de la République« . Le syndicat ajoute : « Il est désormais acté qu’il n’y a pas eu de harcèlement de la part de nos deux camarades.«  Une décision présentée comme « une première victoire pour Pierre et Benoît« , même si les organisations syndicales estiment que les difficultés rencontrées au sein de l’inspection du travail demeurent.

Des représentants syndicaux et inspecteurs du travail manifestent devant l'hotel de police de grenoble pour soutenir deux de leurs collègues

Mobilisation de soutien le 27 mai pendant l’audition des deux inspecteurs du travail à l’Hôtel de Police.

Une mobilisation nationale pour dénoncer les conditions de travail

L’annonce du classement sans suite est intervenue à l’issue d’une mobilisation organisée le 18 juin devant les locaux de la DDETS de l’Isère. Selon Sud Travail, près de 150 personnes venues de plusieurs départements étaient réunies pour dénoncer « les conditions de travail des agent.e.s au sein du ministère, la répression syndicale et apporter leur soutien à Pierre et Benoît« . Des délégations syndicales de plusieurs régions, mais aussi des élus et représentants politiques, avaient fait le déplacement ou adressé des messages de soutien.

Pour le syndicat, cette mobilisation dépasse largement le seul dossier isérois. Les témoignages recueillis ce jour-là illustreraient les conclusions du rapport d’expertise APTEIS, présenté simultanément au ministère du Travail à Paris. Sud Travail appelle désormais le ministère à « mettre en place des actions urgentes«  pour renforcer les effectifs, « mettre fin aux pressions managériales«  et « réaffirmer la légitimité des missions de service public«  des agents de l’inspection du travail. « La lutte collective continue, c’est tous ensemble qu’on gagnera« , conclut le communiqué.