Une opération d’évacuation s’est déroulée mardi 14 avril au matin chemin Thiers. L’association Droit au Logement (DAL 38), dénonce des méthodes brutales alors qu’aucun relogement n’a été proposé et appelle à manifester devant la mairie de Grenoble ce vendredi après-midi.

Mardi dernier, les forces de l’ordre sont intervenues chemin Thiers, dans le quartier de l’Abbaye, pour évacuer une maison occupée depuis une dizaine d’années. C’est l’aboutissement d’une procédure judiciaire engagée par les propriétaires. Ces derniers, ayant racheté la bâtisse insalubre il y a deux ans et demandaient à ce que les lieux soint libérés.

Le DAL 38 dénonce toutefois les conditions de cette mise en œuvre. Selon l’association, la trentaine d’occupants — dont des enfants et des femmes victimes de violences conjugales — n‘aurait pas reçu le préavis d’huissier d’usage avant l’arrivée de la police. Le collectif pointe également l’absence de services sociaux et de propositions de relogement lors de l’évacuation.

Des accusations de violences et d’intimidations

Dans un communiqué, le DAL 38 fustige une opération musclée : « Ils ont fracturé la porte, braqué et violenté les occupant·es pour les forcer à sortir ». L’organisation rapporte aussi que les propriétaires, accompagnés de plusieurs personnes, auraient profité de l’intervention pour intimider les occupants et dégrader leurs biens personnels, sans intervention des forces de l’ordre présentes. L’opération a conduit à l’interpellation de quatre personnes mais aucune n’a été poursuivi selon le Parquet de Grenoble. Pour les militants, cet événement illustre la précarité croissante dans la métropole grenobloise, où le nombre d’expulsions aurait doublé en dix ans selon leurs chiffres.

Mobilisation pour alerter collectivités et élus

Le DAL 38 appelle désormais les élus à agir et compte notamment alerter les députés du territoire. Une manifestation est prévue ce vendredi après-midi devant l’hôtel de ville à partir de 14h30. pour demander le relogement des familles expulsées, la réquisition des logements vides pour reloger les sans-abris mais aussi l’application de l’arrêté « anti-mise à la rue » voté en 2022.

Une manifestation est également prévue jeudi 23 avril devant le siège de la Métropole alors que les conseillers seront appelés à partir de 13h30 à élire leur président. À ce jour, plusieurs dizaines de personnes, dont les familles de livreurs à vélo expulsées précédemment de la Place des Géants, occupent toujours les locaux de la place André Malraux faute de toit. La réquisition des logements vacants, c’est d’ailleurs l’une des conditions dAllan Brunon, élu grenoblois et conseiller métropolitain, pour le ralliement de son groupe LFI à l’union de la gauche portée par le socialiste Guillaume Lissy.

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