C’est en tout cas le message que veut faire passer son chef de file, Allan Brunon, qui lors d’une conférence de presse ce jeudi a affirmé que, sans accord avec lui, la gauche ne gagnera pas la Métropole.
Après avoir réussi à faire élire 13 conseillers municipaux à Grenoble avec à peine 15% des voix grâce à une alliance technique avec Laurence Ruffin, La France Insoumise tente un nouveau coup de force, à quelques jours de l’élection du président de la Métropole, en menaçant de faire perdre la gauche, unie autour de la candidature du maire de Seyssinet-Pariset, Guillaume Lissy, si elle ne passe pas d’accord avec son mouvement.
Allan Brunon renvoie Guillaume Lissy à ses études
Ils ne sont pourtant que 8 sur 110 au sein du conseil communautaires (7 élus Grenoble + 1 de Saint-Martin-d’Hères) mais le groupe insoumis compte bien peser sur le prochain exécutif. Il a l’arithmétique de son côté et Allan Brunon ne se prive pas de le rappeler, à sa façon : « peut-être qu’il faut une semaine de plus à Guillaume Lissy pour que ça monte au cerveau, mais à cet instant, je pense qu’il n’a pas bien compris les règles numériques. Moi, j’ai appris à compter en CP, je l’invite à reprendre sa calculatrice et à faire le compte… »
La gauche peut-elle gagner sans les Insoumis ?
Le compte, on ne doute pas que Guillaume Lissy le connaisse. Soutenu par les communistes, les socialistes et les écologistes, il a besoin de trouver une dizaine de voix supplémentaires pour s’assurer d’une victoire. Avec les 8 de la France Insoumise, il aurait fait une grande partie du chemin. Mais contrairement à Laurence Ruffin qui avait accepté de discuter avec LFI pour ne pas perdre la ville de Grenoble, Guillaume Lissy ne semble pas prêt aux mêmes compromis pour gagner la Métropole. Et les termes employés à son encontre par Allan Brunon n’ouvrent pas forcément la porte à un rapprochement.
Raphaël Guerrero finalement favori pour la présidence ?
En début de semaine, Guillaume Lissy et ses soutiens de gauche dont Laurence Ruffin, espéraient encore trouver un accord avec le groupe pivot des petites communes qui faisait partie de la majorité de gauche précédente. Mais depuis, ce groupe a annoncé qu’il présenterait un candidat, en la personne de Raphaël Guerrero, le maire de Jarrie. Ce groupe ne dispose que de 29 sièges sur 110 (26%) et représente à peine 15% de la population de l’agglomération grenobloise mais il pourrait bien rafler la mise. Avec un soutien annoncé des élus du centre et de la droite, Raphaël Guerrero est mathématiquement en capacité de devancer la candidature de Guillaume Lissy dans le cas de figure où La France Insoumise resterait en course jusqu’au bout (pour la présidence de la Métropole, le troisième tour se joue à la majorité relative).
Une pluralité de votes qui laisse le scrutin très ouvert
Reste à savoir si les 29 élus concernés voteront bien, tous, pour le même candidat. « Le groupe des petites communes représente une pluralité de territoires, une pluralité de sensibilités donc, pour moi, ça doit se traduire aussi par une pluralité de votes » estime Gilles Strappazzon, maire de Saint-Barthélémy-de-Séchilienne et membre du parti socialiste, comme Guillaume Lissy. Seront-ils assez nombreux à suivre sa logique ? L’élection prévue jeudi 23 avril s’annonce donc très ouverte mais aussi très incertaine.