Le dessinateur Jean-Marc Rochette a complété sa fresque grenobloise consacrée aux personnes éborgnées lors d’interventions policières. Un 42ᵉ œil a été ajouté après la grave blessure d’un lycéen de 16 ans à Tours.
Un œil de plus sur les murs de Grenoble. Lundi 5 octobre, l’artiste isérois Jean-Marc Rochette est revenu au parking Hoche pour compléter Bilan provisoire, sa fresque commencée en 2022 dans le cadre du Street Art Fest Grenoble-Alpes.
L’œuvre représentait initialement 32 yeux, en référence aux personnes ayant subi des blessures oculaires dans le contexte du mouvement des Gilets jaunes et de l’usage des lanceurs de balles de défense. Depuis, l’artiste l’a régulièrement complétée au gré de nouvelles blessures survenues lors de manifestations. Elle compte désormais 42 yeux.

Un nouvel œil après la blessure d’un lycéen
Ce dernier ajout fait référence à Maël, un lycéen de 16 ans grièvement blessé le 30 septembre à Tours, en marge du blocage du lycée Balzac. L’adolescent a perdu l’usage de son œil droit.
Selon le parquet de Tours, ses blessures sont compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD. Une enquête de l’IGPN est en cours pour établir précisément les circonstances des faits et les responsabilités.
Une œuvre que l’artiste aimerait ne plus compléter
Auteur du Transperceneige, peintre et figure bien connue du paysage culturel grenoblois, Jean-Marc Rochette a conçu cette fresque comme une œuvre évolutive. Son titre, Bilan provisoire, prend ainsi tout son sens à chaque nouvel ajout.
L’artiste explique vouloir maintenir la mémoire de ces blessures dans l’espace public. Mais il préférerait évidemment ne plus avoir à reprendre ses pinceaux : « J’aimerais que ça s’arrête mais visiblement c’est pas le cas », a-t-il confié à Jérôme Catz le directeur du festival.
Quatre ans après les 32 premiers yeux, le compteur en affiche donc désormais 42. Et le mot « provisoire » inscrit par l’artiste reste encore d’actualité.
