Violences faites aux femmes : la Région mise sur l’innovation avec l’application Ti3rs

Invitée de l’émission « Le + », Sandrine Chaix, vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes en charge de l’action sociale, du handicap et de la lutte contre les violences faites aux femmes, détaille les dispositifs régionaux face à l’urgence des violences conjugales. 

« On apporte notre + à la lutte contre les violences faites aux femmes »

Face à des chiffres glaçants — 156 féminicides recensés depuis le début de l’année selon l’association Nous Toutes — la Région renforce son action. « Ce n’est pas une compétence obligatoire, mais nous avons décidé de prendre ce sujet à bras le corps », rappelle Sandrine Chaix. Parmi les mesures phares : un soutien financier pour la mise à disposition de logements d’urgence destinés aux femmes victimes de violences. « Nous finançons jusqu’à 15 000 € pour l’emménagement et 1 500 € pour le mobilier de première nécessité », explique l’élue.

Aider les femmes… et leurs enfants

Sandrine Chaix insiste sur un point souvent ignoré : « Les enfants sont des victimes à part entière, même s’ils ne reçoivent pas forcément de coups. » Ils subissent une violence psychologique parfois quotidienne et peuvent être instrumentalisés dans les conflits parentaux. D’où l’importance de « solutions rapides pour mettre mère et enfants en sécurité », rappelle-t-elle.

Thi3rs, l’application qui apaise les échanges avec un ex-conjoint violent

La Région soutient désormais Thi3rs, une application de messagerie sécurisée imaginée pour les situations de séparation à risque. « C’est une start-up de la région, et son outil a beaucoup de sens », salue Sandrine Chaix. L’application crée un numéro dédié pour les échanges liés aux enfants. Particularité : « Th3rs efface ou masque les insultes, menaces ou messages harcelants, ce qui réduit la pression psychologique au quotidien. » Mais la dimension judiciaire reste intacte : « Les messages sont conservés. Un PDF peut être exporté et les insultes réapparaissent comme preuves. » . La Région a acheté plusieurs abonnements distribués gratuitement via les associations et les entreprises partenaires.

Un bouton d’alerte discret et géolocalisé

Autre outil régional : le bouton d’alerte, lancé en 2021. « Très discret, il peut s’accrocher à une poche ou une bretelle de soutien-gorge », décrit l’élue. En un clic : un SMS SOS part vers cinq proches préenregistrés, en double pression : un signal d’urgence demande aux proches d’appeler immédiatement le 17,  un appui long enregistre l’environnement sonore, utile en cas de procédure ou pour prouver des violences cachées. Les boutons sont disponibles via les associations et désormais dans plusieurs CCAS, dont l’Union départementale des CCAS de l’Isère.

⤵️ Retrouvez l’intégralité de cette interview dans l’émission « Le + » 

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