Mercredi 6 août, le maire de Villeneuve-de-Marc, Gilles Dussault, a été agressé par un habitant de la commune, Malek Aouadj, qui, lors de sa garde à vue, a justifié son geste en déclarant simplement : « J’ai pété un plomb ». Cependant, ce « pétage de plomb » semble plutôt s’apparenter à une dérive paranoïaque, selon les éléments révélés dimanche par Etienne Manteaux, le Procureur de la République de Grenoble.
Le magistrat décrit un homme de 60 ans, professionnellement accompli — il possède quatre appartements — mais présentant un vécu marqué par un sentiment persécutif et une tendance à réinterpréter la réalité. Le procureur donne l’exemple de la conviction du suspect selon laquelle le maire de Villeneuve-de-Marc serait propriétaire de 80 % du village, une commune de plus de 1 000 habitants, et qu’il le surveillerait quotidiennement, aidé par d’autres habitants.
Le Procureur a également évoqué un traumatisme personnel récent : le décès de la sœur de Malek Aouadj, retrouvée pendue dans son appartement en avril 2025 à Saint-Etienne. Les enquêteurs chargés de ce dossier ont estimé que le corps était là depuis plusieurs mois, révélant une absence manifeste de contact entre la défunte et sa famille. Pourtant, son frère est convaincu qu’il s’agit d’un meurtre lié à un différend avec son bailleur. Pour se protéger, Malek Aouadj cachait d’ailleurs deux couteaux sous son oreiller, redoutant qu’on lui fasse le même sort qu’à sa sœur…
Depuis dimanche, ce dessinateur industriel, auteur d’un livre sur l’intelligence artificielle, est en détention provisoire. Il encourt une peine pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité pour double tentative de meurtre sur une personne dépositaire de l’autorité publique. Une expertise psychiatrique plus poussée sera menée par des experts dans les prochaines semaines. On imagine que son avocat pourra également invoquer la maladie mentale dans la future défense de son client.