Condamnée mercredi par le tribunal judiciaire de Bourgoin-Jallieu, une enseignante de Saint-Savin a écopé d’un an de prison avec sursis pour des violences psychologiques sur des élèves de CP. Elle ne pourra plus travailler au contact de mineurs.

Lors de l’audience du 11 mars, Magalie Bourguignon, poursuivie pour violences sans incapacité sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité, a reconnu une grande partie des faits. Des faits de violences psychologiques commis entre 2023 et 2024 sur seize élèves âgés de six à sept ans. L’enquête a mis en lumière des propos humiliants et répétés à l’encontre des élèves. Plusieurs enfants ont rapporté des insultes et remarques dégradantes, parfois ciblées sur leurs fragilités. Certains présentaient des troubles de l’attention ou relevaient du spectre autistique.

« Moi, au moins, je n’ai pas redoublé mon CP »

Parmi les autres propos rapportés : « psychopathe » adressé à un enfant à haut potentiel intellectuel, « poissonnière » pour une élève, ou encore des phrases comme « Arrête de me regarder avec tes yeux vides » ou « On sait ce qui t’attend, ta vie est déjà gâchée » à un élève placé par l’Aide Sociale à l’Enfance. Une fillette endeuillée a également été confrontée à des remarques jugées inappropriées. Ces violences verbales ont eu un impact significatif sur les enfants, selon les éléments présentés à l’audience.

Des familles dénoncent une maltraitance

Les avocats de plusieurs familles ont dénoncé des faits de maltraitance. Me Marilyne Marques, du barreau de Grenoble, a évoqué « des mots qui blessent profondément » et des « effets désastreux » sur les jeunes élèves. Face au tribunal, l’enseignante de 49 ans a présenté ses excuses et tenté d’expliquer son comportement, évoquant des difficultés personnelles au moment des faits.

Une condamnation assortie d’une interdiction définitive

Le tribunal judiciaire de Bourgoin-Jallieu a condamné, mercredi 1er avril, l’institutrice à un an de prison avec sursis simple, une peine inférieure aux réquisitions du ministère public, qui demandait deux ans de prison avec sursis probatoire. La peine s’accompagne d’une interdiction définitive d’exercer toute activité, professionnelle ou bénévole, impliquant des mineurs. Une décision qui ne pourra être remise en cause qu’en cas d’appel. Lors du prononcé du jugement, le président a insisté sur « la gravité particulière » des faits, commis sur une longue période et concernant un nombre important d’enfants, malgré des alertes déjà émises par la hiérarchie de l’enseignante.

Des indemnisations partielles

Les demandes d’indemnisation formulées par les parents ont été rejetées, ces derniers n’ayant pas assigné l’État, employeur de l’enseignante. En revanche, l’État, via le rectorat de Grenoble, devra verser 1 000 et 4 000 euros à deux enfants. L’institutrice a également été condamnée à verser 1 000 euros à chacun des parents concernés.

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