Le Département de l’Isère lance la construction d’un vaste pôle destiné aux collections de ses musées. Près d’un million d’œuvres et objets y seront conservés à partir de 2028.

Après les Archives départementales inaugurées en 2021 à Saint-Martin-d’Hères, le Département de l’Isère s’attaque aux réserves de ses musées. Le chantier d’un nouveau Pôle de conservation et ateliers vient d’être lancé sur le même site. Le président Jean-Pierre Barbier a symboliquement posé la première pierre vendredi 18 septembre. Le bâtiment doit ouvrir ses portes en 2028.

L’enjeu est de taille : les musées départementaux et le service du patrimoine culturel conservent près d’un million d’objets et d’œuvres, de la Préhistoire au XXIe siècle. Archéologie, beaux-arts, photographies, arts graphiques, objets ethnographiques ou scientifiques : une grande partie de ces collections n’est jamais exposée au public. En moyenne, un musée n’expose que 15 % de ses objets.

Les réserves utilisées actuellement par huit des onze musées départementaux sont réparties sur plusieurs sites. Selon le Département, elles sont aujourd’hui saturées et n’offrent pas toujours des conditions de conservation suffisamment adaptées aux œuvres les plus fragiles.

Chantier archives musées © A.Breysse

Un bâtiment de 9000 m²

Le futur bâtiment disposera de près de 9 000 m² de surface, dont 17 réserves. Les collections y seront réparties en fonction des matériaux qui les composent afin de maîtriser précisément température, humidité et sécurité.

Le déménagement se prépare d’ailleurs depuis 2022. Une trentaine d’agents participent au dépoussiérage, à l’inventaire, au conditionnement et, lorsque cela est nécessaire, à la consolidation des œuvres avant leur transfert.

Le site ne sera pas seulement un immense entrepôt patrimonial. Il accueillera également des ateliers et des espaces de travail pour les chargés de collections, photographes, restaurateurs, menuisiers, éclairagistes ou encore techniciens chargés de concevoir les expositions temporaires des musées départementaux.

Chantier archives musées © A.Breysse
Jean-Pierre Barbier dépose symboliquement des objets dans une capsule qui sera scellée dans un bloc béton du chantier : une pièce de monnaie frappée en 2026, une paire de gants, un ciseau à bois.

Un budget de 24 millions d’euros

Conçu par l’architecte Bernard Desmoulin, spécialiste des musées et des réserves patrimoniales, le bâtiment se veut également économe en énergie. La géothermie doit couvrir 95 % des besoins de chauffage, climatisation et déshumidification, tandis que des panneaux photovoltaïques participeront à son alimentation électrique.

Le projet représente un investissement global de 24 millions d’euros, dont 1,6 million financé par l’État et près de 200 000 euros par l’Ademe. Avec ce nouvel équipement, le Département entend surtout offrir à cette partie largement invisible de son patrimoine de meilleures conditions de conservation, pour pouvoir continuer à l’étudier, la restaurer et la présenter au public au fil des expositions.