Après près de trois mois de discussions infructueuses avec les occupants des anciens locaux de La Bobine, la Ville de Grenoble annonce le lancement d’une procédure d’évacuation. Conditions dangereuses, refus de solutions alternatives, blocage du projet de reprise : la municipalité estime que le site présente désormais un risque majeur pour la sécurité.
Trois mois de dialogue sans aboutir
Depuis le 18 septembre, les anciens locaux de La Bobine, au parc Paul-Mistral, sont occupés illégalement, aujourd’hui par une trentaine de personnes à la suite d’une manifestation. Malgré plusieurs semaines de discussions, la Ville indique avoir constaté un refus catégorique des occupants d’étudier d’autres solutions permettant de libérer les lieux..
Un projet de reprise compromis
Parallèlement, la procédure de redressement judiciaire de La Bobine suivait son cours. Le repreneur désigné par le tribunal judiciaire s’est toutefois trouvé dans l’impossibilité d’accéder au site et de co-construire un projet avec les occupants. Faute de conditions de travail viables, il s’est finalement retiré. Pour la Ville, cette occupation prolongée pèse désormais lourdement sur la possibilité de voir renaître une activité culturelle dans ce lieu emblématique de Grenoble.
Des conditions “très dégradées” et un risque de drame
La municipalité alerte sur une situation qu’elle qualifie d’extrêmement dangereuse. Les constats réalisés sur place font état d’événements festifs de grande ampleur sans aucun dispositif de sécurité, d’un hébergement de plusieurs personnes dans des conditions d’hygiène très dégradées, d’un risque fort d’incendie et d’intoxication, de rixes et violences récurrentes sur le site, d’un bâtiment inadapté à l’accueil du public.
La Ville estime que “tous les éléments sont réunis pour qu’un drame se produise”, justifiant la mise en route de la procédure d’évacuation.
Une démarche encadrée et un accompagnement social
Avant d’engager cette procédure, la Ville a missionné ses services pour réaliser un diagnostic social auprès des volontaires présents. La grande majorité des occupants sont des hommes seuls ; aucune famille ni enfant n’a été recensé.
Des solutions d’hébergement d’urgence ont été étudiées en lien avec l’État pour les personnes qui le souhaitent. La municipalité appelle désormais les occupants à quitter les lieux dans le calme, afin de protéger la sécurité des personnes, préserver la salubrité publique et sauvegarder le bâtiment de La Bobine.
Les occupants dénoncent une expulsion “malhonnête”
Ce mardi 9 décembre, les occupants disposent de 24 heures pour quitter les lieux. Ils dénoncent une mesure brutale décidée “en plein hiver” alors que “le 115 est saturé” . Ils contestent les arguments avancés par la municipalité : “L’arrêté d’expulsion met en avant de nombreux arguments malhonnêtes pour faire croire à un risque imaginaire pour les occupant-es.” Ils appellent la mairie à “prendre ses responsabilités” en ouvrant d’autres bâtiments vacants lui appartenant, assurant que :
“Notre occupation demeure le meilleur moyen de préserver le statut de la Bobine comme lieu culturel vivant et ouvert à tous.”
En réaction à la procédure d’évacuation, un rassemblement contre l’expulsion est annoncé mercredi à 5h30 devant le bâtiment de La Bobine. Les occupants espèrent mobiliser largement pour empêcher ou retarder l’intervention.