Isère Attractivité vient de publier son palmarès des sites les plus visités en 2025. Si la fréquentation globale accuse un recul de 6 %, la tendance sur trois ans reste positive et certains sites affichent des hausses spectaculaires.

Pas de révolution en haut du classement. Le Domaine de Vizille (767 801 visiteurs), Walibi Rhône-Alpes aux Avenières (616 000) et le Téléphérique de la Bastille à Grenoble (357 520) occupent toujours les trois premières places. Ils reculent respectivement de 9, 8 et 3 % par rapport à 2024, mais leurs scores restent largement supérieurs aux niveaux d’avant Covid — Walibi comptait 530 000 visiteurs en 2019. Au total, les 58 principaux musées et sites touristiques ayant répondu à l’enquête d’Isère Attractivité ont accueilli plus de 3,1 millions de personnes en 2025. Un chiffre en baisse de 6 % sur un an mais en hausse de 7 % sur trois ans. La nuance est importante.

Un recul à relativiser

La baisse de 2025 s’explique en grande partie par un effet de comparaison défavorable. L’année 2024 avait en effet établi un niveau record, porté par des expositions à très forte fréquentation : Joan Miró au Musée de Grenoble, « Tairraz, 4 générations de guides photographes » au Musée de l’Ancien Évêché, ou encore Eiffel à la Maison Bergès à Villard-Bonnot. Ces événements exceptionnels avaient mécaniquement élevé le niveau de référence. En le retirant de l’équation, la fréquentation 2025 apparaît stable par rapport à la moyenne des trois dernières années. Les musées départementaux illustrent bien cette logique : ils enregistrent −4 % sur un an, mais +8 % sur trois ans — signe d’une attractivité qui se construit dans la durée.

Les expositions temporaires, moteur de la fréquentation

La recette est connue, elle fonctionne toujours. Les sites qui progressent le plus sont presque systématiquement ceux qui ont misé sur une programmation originale. Le Couvent Sainte-Cécile à Grenoble, siège des éditions Glénat, bondit de 39 % grâce notamment à une exposition sur les 400 ans du couvent, au cabinet Rembrandt et à une rétrospective Mickey. Le musée Mainssieux à Voiron affiche +49 % (4 922 visiteurs) avec une exposition remarquée sur le thème du bain. Les châteaux de Virieu et de Pupetières à Châbons gagnent respectivement 17 et 43 % grâce à une politique d’animations soutenue.

Le musée Champollion à Vif illustre une dynamique plus rare : celle d’un site qui continue de progresser après ses premières années d’ouverture. Avec +31 % entre 2024 et 2025, il atteint 25 989 entrées — un record. L’exposition sur les momies, avec 70 objets prestigieux, a à elle seule attiré 22 000 visiteurs.

La montagne, seul territoire à ne pas perdre de terrain

C’est l’un des enseignements majeurs du palmarès : les sites de montagne sont les seuls à progresser à la fois sur un an (+1 %) et sur trois ans (+5 %), quand les sites urbains accusent une baisse de 9 %. Une différence structurelle s’explique aussi par les modes de fréquentation : les sites urbains drainent du public tout au long de l’année, tandis que les sites de montagne et ruraux concentrent 40 % de leur afflux sur la seule période estivale — signe que l’image ski-hiver et loisirs-été reste ancrée, et que le potentiel hivernal reste à développer.

En Chartreuse, le musée de la Grande Chartreuse gagne 4 % (32 530 visiteurs), celui d’Arcabas 2 % (31 253). À Bourg-d’Oisans, le musée Galta — minéraux et faune des Alpes — fait un bond de 92 % après un changement de nom et une scénographie modernisée. Le musée d’histoire et d’archéologie de l’Alpe d’Huez poursuit sa progression : +17 % en 2025, après +31 % en 2024. En cinq ans, sa fréquentation est passée de 3 254 à 6 231 visiteurs.

Saint-Antoine-l’Abbaye, l’effet « village préféré des Français »

Le village médiéval de Saint-Antoine-l’Abbaye a vécu une année exceptionnelle. Sacré « village préféré des Français » en juillet lors de l’émission de France 3 présentée par Stéphane Bern, il a vu sa fréquentation touristique globale progresser de 60 %. Le musée du village en a directement bénéficié : +35 %, soit 70 734 visiteurs — un record. En juillet et août seulement, 33 000 personnes ont poussé la porte des expositions.

Le Petit train de La Mure déraille

Tous les sites ne sont pas logés à la même enseigne. Le Petit train de La Mure, remis en service en 2021, voit sa fréquentation chuter de 58 % entre 2024 et 2025 — conséquence d’une panne qui a entraîné deux mois de fermeture. Après une perte de 20 % l’année précédente, l’objectif de 100 000 visiteurs en 2026 paraît désormais hors de portée. Dans son sillage, le Musée matheysin souffre lui aussi : malgré +15 % sur un an, il ne compte plus que 1 790 visiteurs, loin de ses 2 504 entrées de 2019.

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