Christian Prudhomme s’est rendu ce mercredi au col de Sarenne, dans l’Oisans, aux côtés du président du Département Jean-Pierre Barbier et du maire de Clavans-en-Haut-Oisans Denis Ribot. À 38 jours de l’arrivée du Tour de France, les élus ont dévoilé un cadre photo au sommet de ce col qui accueillera pour la première fois les coureurs en montée.
À 1999 mètres d’altitude, l’alpage fleuri du col de Sarenne s’est offert un avant-goût de gloire mondiale ce mercredi.« Nous étions passés en 2013 pour la 100ᵉ édition du Tour, mais en descente » se souvient le président du Tour, Christian Prudhomme. Cette fois, le 25 juillet, les coureurs graviront le col pour la première fois de l’histoire de l’épreuve. Christian Prudhomme décrit cette étape comme « la plus rude étape de montagne de l’histoire du Tour à la veille de l’arrivée sur les Champs-Élysées ».

Au programme : 171 kilomètres entre Bourg-d’Oisans et l’Alpe d’Huez, pour un dénivelé positif de 5450 mètres, avec l’ascension successive des cols de la Croix de Fer, du Télégraphe, du Galibier, puis du col de Sarenne. Interrogé sur l’impact que pourrait avoir ce passage sur la lutte pour le maillot jaune, Christian Prudhomme tranche : « Oui, sans le moindre doute, quand vous avez une étape à 5450 mètres de dénivelé ».

Un cadre préservé, sans caravane ni spectateurs
Si le site séduit déjà les cyclistes amateurs de passage, sa traversée par le Tour impose des restrictions strictes. « Il n’a jamais été question, ni aujourd’hui, ni en 2026, ni en 2013, de faire passer la caravane par le col de Sarenne, ça n’a aucun sens », tranche Christian Prudhomme. Il explique ce choix par un double impératif : « D’abord pour une raison de sécurité, ça c’est assez évident, et ensuite pour des raisons de préservation de l’environnement ». Pour lui, c’est tout l’intérêt du contraste recherché : « Ce qui me plaît énormément, c’est ce contraste entre la ferveur, l’enthousiasme, la folie des 21 lacets, et le silence de la montagne ».
Denis Ribot partage cette préoccupation pour la préservation des lieux : « Ces endroits et ce col de Sarenne, on l’aime, très simplement ». Le maire regrette toutefois l’absence de la caravane sur sa commune : « Il faut trouver un équilibre pour savoir répondre aux gamins de la vallée qui ne voudraient pas aller ailleurs que dans la vallée pour voir passer le Tour de France chez eux ». Plusieurs points restent encore à régler selon lui, notamment « l’information publique à donner sur les conditions de circulation, sur les fermetures de route ».

Quatre jours en Isère, une faveur rare
Le département accueillera la Grande Boucle pendant quatre journées consécutives, du 22 au 25 juillet, entre le col de Sarenne et l’arrivée à l’Alpe d’Huez, deuxième arrivée d’étape consécutive dans la station. Une configuration que Christian Prudhomme qualifie d’exceptionnelle : « Quatre jours dans un même département, c’est rarissime, en tout cas je n’ai pas le souvenir de l’avoir vécu depuis 20 ans que je dirige le Tour de France ». Il met en avant la dimension sportive de ce choix : « C’est l’aspect sportif et esthétique qui prime, avec la volonté, dans un Tour qui ira crescendo, d’avoir le plus dur à la fin. Et pour ça, les coureurs sont servis ».

Un investissement rentable selon le Département
Sur le plan financier, Jean-Pierre Barbier défend la pertinence de l’investissement consenti par les collectivités : « Citez-moi une seule manifestation sportive entièrement gratuite, accessible à tous en dehors du Tour de France, ça n’existe pas ». Pour lui, les retombées justifient largement la dépense engagée : « L’investissement qui est fait sur le Tour de France, il nous le rend au centuple ».
Le ticket d’entrée pour une ville étape comme Voiron s’élève à 250 000 euros. Christian Prudhomme relativise ce montant : « C’est ce qu’ASO injecte immédiatement dans le tissu économique local tous les soirs en réservant 1850 lits. Évidemment que le rapport qualité-prix est phénoménal ». Il rappelle également que près de 300 candidatures sont déposées chaque année par des villes souhaitant accueillir le Tour.
Diffusées dans 190 pays, les images du col de Sarenne et de l’Isère devraient offrir une vitrine inédite au territoire, qui dispose encore d’un peu plus d’un mois pour finaliser les derniers aménagements, notamment 8 kilomètres de route, encore en travaux.
