Starter : un dispositif pour réconcilier les jeunes et le collège

En 2012, Antoine Gentil a lancé un dispositif pour les adolescents en rupture scolaire : Starter, une classe de troisième un peu particulière, adaptée aux besoins des élèves. Début janvier, le recteur de l’académie de Grenoble est venu leur rendre visite, pour constater les résultats d’un tel projet

Aider les élèves en décrochage scolaire à retrouver un sens dans leurs apprentissages et l’envie d’étudier. C’est ce que fait chaque jour Antoine Gentil, enseignant et coordinateur du dispositif Starter, depuis 14 ans. Au lycée professionnel Guynemer à Grenoble, il s’occupe d’une classe un peu particulière : quinze élèves de troisième qui souhaitent réintégrer le cursus scolaire après avoir été, parfois pendant longtemps, éloignés de celui-ci. “Lors du recrutement des élèves Starter, on priorise les jeunes ayant vécu plusieurs exclusions d’établissements et pour qui il a été difficile d’intégrer un nouveau collège”, précise le professeur.

Une pédagogie différente

Zeineb, 14 ans, avait perdu l’habitude de se présenter en classe dans ses anciens collèges. Placée dans un foyer, ce sont justement ses éducateurs et sa responsable de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), qui lui ont parlé du dispositif. “Je me suis dit que ça pourrait me permettre d’avancer, se souvient-elle. J’avais peur de ne pas réussir à y aller tous les jours, mais quand j’ai vu que les professeurs s’adaptaient à nous, je me suis sentie à l’aise et j’ai repris le rythme.”

Pour Antoine Gentil, il est primordial d’accompagner les jeunes de Starter de manière empathique : “Les élèves qu’on accueille à Starter ont des vécus extrêmes, avec de la violence, parfois de l’abandon, et ont donc des conduites résultant de ces états. On construit donc cette école en tenant compte de ces situations existentielles douloureuses et traumatiques.” Toute l’année, le coordinateur ainsi que Nadia Touati et Véronique Eugène, professeures, travaillent avec les adolescents en tenant compte de leurs vulnérabilités. En plus de la préparation du Diplôme national du brevet et que l’aide à l’orientation, les jeunes bénéficient d’une pédagogie adaptée à leurs besoins. Cela passe par le réapprentissage des habitudes de travail, une place importante laissée à l’expression de chacun, une restauration de l’estime de soi, mais aussi la rencontre avec des professionnels pour “ouvrir les élèves au monde, à la vie”, souligne Antoine Gentil.

Un dispositif à pérenniser

Début janvier, le recteur de l’Académie de Grenoble, Philippe Dulbecco, a rendu visite à la classe Starter du lycée Guynemer. “Ces élèves méritent toute l’attention liée à leur parcours”, assure-t-il. Après avoir échangé avec les collégiens sur leur vécu, ce dernier a constaté avec les membres de l’équipe pédagogique les atouts de ce genre de projet. “C’est un dispositif exemplaire, confie-t-il, toutes les initiatives qui vont dans ce sens nous intéresse.”Reste à savoir si un modèle comme Starter peut être répliqué, ce qui, selon Philippe Dulbecco, n’est pas si simple : “Il repose sur un engagement des équipes extraordinaire, car elles vont bien au-delà de la simple pédagogie.”

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