Le conflit entre le FCG et Grenoble Alpes Métropole franchit un nouveau cap. Le club annonce suspendre tous ses paiements liés au Stade des Alpes et consigner les sommes auprès d’un tiers, dénonçant des conditions d’exploitation devenues « insoutenables ».
Le ton se durcit entre le FCG Rugby et Grenoble Alpes Métropole. Ce jeudi, Gérard Mézin, président du conseil de surveillance, a annoncé que le club n’effectuerait désormais plus aucun paiement à la Métropole concernant son utilisation du Stade des Alpes : « nous ne refusons pas de payer ce qui est réellement dû ; nous refusons de payer dans les conditions actuelles ».
Une décision prise en accord avec Patrick Goffi, président de la SASP, qui ne signifie toutefois pas que le club entend conserver les sommes. Le FCG annonce vouloir les consigner auprès d’un tiers indépendant, dans un cadre qu’il présente comme juridiquement sécurisé, en attendant de parvenir à un accord avec la collectivité.
Un loyer de 30 000 euros par match
Au cœur du conflit : le coût d’utilisation du Stade des Alpes, devenu l’enceinte « forcée » du FCG après l’abandon du projet de rénovation et d’agrandissement du stade Lesdiguières par la ville de Grenoble il y a quelques années. Après l’avoir confiée cinq ans à une société privée inédite formée par le FCG et le GF38, la Métropole a récupéré, au cours de l’été 2025, la gestion de son bien pour s’en occuper en direct après un premier bras de fer tendu avec les clubs.
Selon les chiffres présentés par Gérard Mézin, le FCG verse sur une saison 450 000 euros de location à la Métropole pour 15 matchs. À cette somme s’ajoutent 26 000 euros pour le parking, environ 25 000 euros de frais de montage et démontage ainsi que près de 110 000 euros de sécurité supportés par le club.
Au total, le FCG chiffre donc à plus de 600 000 euros par saison les dépenses directement liées à son utilisation du Stade des Alpes, en intégrant ces différents postes. Le club estime surtout que ces charges ne sont plus en rapport avec les services et les possibilités de développement commercial dont il bénéficie dans l’enceinte métropolitaine.

Des investissements abandonnés ?
Gérard Mézin rappelle notamment qu’un plan pluriannuel d’investissement de 13 millions d’euros sur dix ans avait été voté en 2019 par la Métropole. Selon le dirigeant grenoblois, ce programme, destiné notamment à améliorer l’accueil du public, les espaces réceptifs, les équipements audiovisuels ou encore l’exploitation commerciale du stade, aurait ensuite été abandonné.
Il cite également un projet élaboré en 2020 entre la Métropole, le GF38 et le FCG pour moderniser l’équipement. D’après le club, seule la rénovation de la pelouse aurait finalement été réalisée. Le FCG regrette parallèlement la disparition de certains espaces permettant au club de générer des recettes.
Gérard Mézin cite notamment l’ancien chapiteau des partenaires, qui aurait représenté environ 2 millions d’euros de revenus annuels pour le club. Le président du conseil de surveillance a également affirmé que le club avait lui-même repeint les vestiaires cet été et que les nouvelles recrues n’avaient pas pu visiter le Stade des Alpes avant le premier match de la saison car la Métropole ne voulait pas ouvrir l’enceinte…

Le FCG veut renégocier les conditions
Mais c’est un nouvel épisode survenu ces derniers jours qui semble avoir fait basculer la situation. Le club a reçu vendredi 18 septembre un mail de la Métropole leur restreignant l’accès au stade la veille des rencontres pour préserver la pelouse. Une réponse jugée inacceptable par le dirigeant du FCG, qui résume la situation ainsi : « C’est un peu comme si nous jouions à l’extérieur tous les week-ends. »
Le club conteste également la convention signée en 2025 pour deux ans avec Grenoble Alpes Métropole : « plusieurs de ses dispositions, à commencer par le prix, sont inacceptables » estime Gérard Mézin. Il affirme que les différents problèmes signalés depuis par le FCG concernant la structure, la sécurité ou les aménagements sont restés sans réponse concrète.
Que va faire le GF38 ?
Le FCG assure toutefois ne pas vouloir rompre le dialogue avec la Métropole. Sa décision de suspendre les versements vise, selon ses dirigeants, à provoquer une renégociation des conditions d’utilisation du Stade des Alpes. La Métropole qui se démène déjà avec une héritage financier criblé de dettes, se serait bien passée de cet épisode.
Car en cas de ristourne, on peut parier que le GF38 qui est logé à la même enseigne tarifaire cette saison demandera logiquement à en bénéficier. Ce sont donc plusieurs centaines de milliers d’euros d’argent public qui sont en jeu. A la veille d’un conseil communautaire consacré aux restrictions budgétaires et d’un derby face à Valence-Romans qui devrait attirer du monde dans les tribunes de l’enceinte grenobloise.
👉 FCG-Valence-Romans vendredi 25 septembre à 21h au Stade des Alpes