L’intersyndicale de l’entreprise de semi-conducteurs SOITEC basée à Bernin a organisé un rassemblement ce mercredi 18 juin pour protester contre une augmentation qu’elle juge scandaleuse du directeur général Pierre Barnabé.

Un vent de colère qui se propage

La publication du rapport annuel de SOITEC en vue de l’assemblée générale des actionnaires prévue le 22 juillet prochain a déclenché un vent de colère qui s’est rapidement propagé dans toute l’entreprise. La décision du Conseil d’Administration de l’entreprise portant sur quatre mesures cumulatives pour améliorer le traitement du directeur général a choqué les salariés et leurs représentants alors qu’on leur annonce parallèlement une politique salariale en berne en 2025.

Résultats en baisse, salaire en hausse

SOITEC vient de publier des résultats en baisse et en deçà des prévisions (baisse du CA de 9%), ce qui a donné lieu à une sanction sévère de la bourse. Ces résultats font suite à plusieurs “profit warning” (alerte sur des résultats non conformes aux prévisions) ces deux dernières années qui ont entaché la confiance des marchés financiers dans l’équipe dirigeante.

Une situation économique qui rend les mesures envisagés en faveur de Pierre Barnabé inacceptable pour beaucoup de salariés :  une augmentation de 10% du salaire annuel pour le porter à 583 000 €, 2,3 M€ d’actions gratuites de performance, le versement d’un bonus de 318 000 € sans compter la prime exceptionnelle à concurrence de 100 % de son salaire.

Une rémunération sans précédent

Les syndicats précisent qu’il «s’agit de la rémunération fixe la plus haute jamais accordée à un directeur général dans l’histoire de SOITEC, une entreprise créée en 1992 par deux ingénieurs du CEA de Grenoble : Jean-Michel Lamure et André-Jacques Auberton-Hervé. Le premier est décédé et le second qui a longtemps présidé aux destinées de son entreprise n’en fait plus partie aujourd’hui.

L’entreprise justifie cette proposition par le besoin de renouveler sa confiance à son patron dans un environnement incertain et un marché instable. Et on le sait, la confiance, ça n’a pas de prix…