Face à la montée des actes de délinquance liés au trafic illégal de tabac, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a lancé, en décembre, la distribution gratuite de boutons d’alerte à destination des buralistes. Deux cents dispositifs ont déjà été remis, avec l’objectif d’équiper à terme l’ensemble des professionnels du secteur dès le début de l’année 2026. Une mesure destinée à renforcer la sécurité des commerces de proximité, régulièrement exposés aux vols, agressions et braquages.
Avec 2 671 buralistes sur le territoire régional, dont près de la moitié en milieu rural, la profession est particulièrement touchée par les conséquences de la contrebande. Dans plusieurs départements, comme le Rhône et la Loire, une part importante de la consommation de tabac échappe au réseau légal. Certaines grandes villes, à l’image de Lyon, sont devenues des plaques tournantes du trafic, alimentant un climat d’insécurité croissant, illustré par plusieurs braquages récents.
Conçus par l’entreprise régionale Monsherif, basée à Marcilly-d’Azergues, ces boutons d’alerte permettent d’envoyer un SMS géolocalisé à plusieurs contacts, d’enregistrer les sons et de détecter les chutes. Discrets et portables, ils offrent aux commerçants un moyen rapide de signaler une situation d’urgence, tout en constituant des éléments exploitables lors d’enquêtes judiciaires. Déjà déployé auprès d’autres publics, notamment des associations et des établissements scolaires, le dispositif a fait ses preuves.
La Région Auvergne-Rhône-Alpes rappelle par ailleurs son soutien financier durable aux buralistes, avec plus de 660 000 euros d’aides diverses accordées depuis 2017 à plus de 500 commerces. « Dans le contexte actuel, la priorité est donnée à la sécurité », explique son président Fabrice Pannekoucke qui insiste sur le rôle essentiel des buralistes comme acteurs du lien social et économique dans les territoires.