La vague de chaleur exceptionnelle qui s’abat sur le sud-est de la France coïncide avec un pic de pollen de graminées classé en alerte rouge sur l’ensemble des régions Auvergne-Rhône-Alpes et PACA. Pour les personnes allergiques, la combinaison s’annonce particulièrement difficile à supporter.
La chaleur qui s’est installée sur nos régions cette semaine n’a pas d’équivalent moderne pour la saison. La température moyenne relevée dépasse largement les 24 °C, un seuil jamais atteint en mai, surpassant un record qui tenait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette progression thermique accélérée n’est pas sans conséquences sur la végétation : elle stimule et prolonge la dispersion des pollens, au moment même où les graminées sont à leur pic de floraison.
Rouge sur toute la carte
Les données publiées par le site spécialisé Atmosud, réseau de surveillance de la qualité de l’air, sont sans ambiguïté : les deux grandes régions du sud-est affichent un indice pollinique élevé, avec une mention particulière pour l’agglomération lyonnaise, qui bascule dans la catégorie supérieure. À cette pression pollinique s’est ajouté en début de semaine une pollution à l’ozone dans la vallée du Rhône et les Alpes du Nord, dont les effets irritants sur les voies respiratoires risquent de renforcer les réactions allergiques durant plusieurs jours.

Un tiers de la population déjà touché, et ça ne va pas s’arranger
La progression des allergies est l’une des tendances sanitaires les plus documentées de ces cinquante dernières années. Dans les années 1970, le phénomène ne concernait qu’une infime minorité. Il touche désormais un être humain sur trois dans le monde, qu’il s’agisse de réactions au pollen, aux acariens, à certains aliments ou à des substances chimiques. L’OMS anticipe que cette proportion pourrait atteindre une personne sur deux d’ici le milieu du siècle. Les chercheurs de l’Inserm établissent un lien direct avec la dégradation du climat : des hivers plus doux, des saisons polliniques plus longues et une végétation sous stress produisent des pollens plus agressifs.
Ça vous chatouille ET ça vous gratouille
Les pollens de graminées sont parmi les plus réactogènes qui soient. Ils provoquent des crises d’éternuements, des écoulements nasaux, des yeux rouges et larmoyants, une irritation de la gorge et, dans les cas les plus sérieux, des difficultés respiratoires pouvant évoluer vers des crises d’asthme. En présence d’ozone ou d’autres polluants atmosphériques, ces manifestations s’intensifient, même chez des personnes habituellement peu affectées.
Adapter ses habitudes pendant le pic
Le ministère de la Santé publie chaque année des conseils pratiques à destination des personnes sensibles. Cette semaine, ils prennent tout leur sens : se laver les cheveux le soir pour ne pas transporter le pollen jusque dans son lit, aérer son logement uniquement aux heures fraîches — tôt le matin ou après le coucher du soleil —, ne pas étendre le linge dehors, éviter de circuler fenêtres ouvertes et préférer le recyclage de l’air en voiture. Les activités en plein air exposant à la végétation — jardinage, jogging, tonte — sont à reporter autant que possible, ou à pratiquer en toute fin de journée avec des lunettes de protection.