Saint-Antoine-l’Abbaye : Le jardin qui cultive l’histoire des Antonins

À Saint-Antoine-l’Abbaye, dans les anciennes écuries du monastère, un jardin pas comme les autres raconte une double histoire : celle d’un ordre hospitalier médiéval et celle d’un jardin méditerranéen. Mêlant art, botanique et spiritualité, cet espace vivant reconnecte passé et présent, sous l’œil passionné du jardinier Christian Carminati et de la directrice du musée, Géraldine Mocellin.

Un site qui traverse les époques
Banquettes en zellige, fontaine inspirée de L’Agneau mystique des frères Van Eyck, plantes aux mille vertus… Ici, dans la cour des anciennes écuries, c’est un jardin d’inspiration médiévale qui s’offre aux visiteurs depuis 2002. « En 2014, un nouveau projet est né : un jardin comme un trait d’union entre deux rives de la Méditerranée », raconte Géraldine Mocellin, directrice du musée départemental de Saint-Antoine-l’Abbaye. Entre Orient et Occident, ce jardin devient un symbole de dialogue culturel et de transmission.

Un jardin en quatre chapitres
La cour du XVIIe siècle est divisée en quatre jardins thématiques : Le jardin méditerranéen, le jardin du parfumeur, le jardin de paradis et le jardin des simples, où la mémoire du soin médiéval se transmet encore aujourd’hui. C’est là que Christian Carminati, jardinier du musée, veille au grain “Nous nous trouvons dans l’espace le jardin des simples. Pas mal de plantes médicinales sont ici, disposées sur des carrés avec des vertus bien à elles”, explique-t-il. Des zones sont consacrées aux plantes pour les maux féminins, comme la sauge et la sauge sclarée, d’autres aux plantes tonifiantes : romarin, angélique, coriandre…”Ces plantes, on les retrouve à l’état naturel dans les prairies. On peut s’en servir en cuisine ” sourit-il.

Se soigner par les plantes
Ce jardin s’inscrit dans la continuité d’un savoir ancestral. Les Antonins, installés ici du XIIe au XVIIIe siècle, avaient fait de Saint-Antoine leur bastion, d’où ils soignaient les malades du feu sacré – aussi appelé mal des ardents –, une maladie provoquée par l’ergot de seigle, un champignon toxique. “Les hospitaliers de Saint-Antoine utilisaient les plantes dans leur pharmacopée”, explique Géraldine Mocellin. “Ils soignaient les maladies de peau, fabriquaient le baume de Saint-Antoine, ou encore le Saint-Vinage, un remède à base de plantes vasodilatatrices, astringentes”

Une programmation vivante toute l’année
Le musée ne se contente pas de conserver : il anime. Chaque printemps et été, les « Rendez-vous au jardin » proposent ateliers, contes, et rencontres associatives autour de la nature et du patrimoine. Et le village de Saint-Antoine-L’Abbaye vaut également à lui seul la visite. Il a d’ailleurs été désigné « Village préféré des Français » en 2025.

 

👉 Pour plonger dans ce jardin et entendre ceux qui le cultivent, découvrez la vidéo du reportage

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