Rétro : Plus de 50 morts à Saint-Martin-le-Vinoux

Alors que la ville de Grenoble s’apprête à commémorer la semaine prochaine l’anniversaire de sa libération, retour sur une tragédie qui a touché la commune voisine de Saint-Martin-le-Vinoux, il y a 81 ans, jour pour jour. Le 16 août 1944, le quartier de Pique-Pierre fut frappé par un bombardement allié qui fit 27 morts et 25 blessés, semant la terreur et la désolation dans cette zone résidentielle.

Une erreur tragique
Ce jour-là, alors que les troupes alliées avaient débarqué en Provence, une alerte retentit et provoque la panique parmi la population. Des bombardiers alliés larguèrent des bombes sur le quartier de Pique-Pierre, pensant viser le pont ferroviaire stratégique reliant Saint-Martin-le-Vinoux à Grenoble. Cependant, aucune bombe ne toucha le pont, mais des tonnes d’explosifs s’écrasèrent sur le quartier, détruisant une quinzaine de maisons et en endommageant une dizaine d’autres.

Saint-Martin-le-Vinoux n’oublie pas
Il reste encore quelques témoins de cette tragédie qui étaient des enfants à l’époque. Chaque année, le 16 août, une cérémonie commémorative est organisée à Saint-Martin-le-Vinoux pour honorer les victimes du bombardement du quartier de Pique-Pierre. Elle aura lieu ce samedi à 11h devant le monument aux morts. La ville prépare également une exposition à partir de la rentrée (à la maison des Moaïs) pour retracer son histoire tourmentée pendant la deuxième guerre mondiale. Car ce drame de Pique-Pierre n’est pas le seul qu’a eu à déplorer la commune iséroise.

Un autre bombardement 2 mois avant
Quelques semaines avant, le 26 mai 1944, un autre quartier de Saint-Martin-le-Vinoux, La Buisseratte, a été le théâtre d’un scénario similaire. Le bombardement allié visait cette fois la gare de triage. Comme pour le pont, la gare a été relativement épargnée mais les maisons environnantes ont subi des destructions importantes. Des bombes tombées sur la montagne du Néron ont provoqué des avalanches de rochers, écrasant des habitations et causant, là aussi, de nombreuses victimes parmi la population. La plus jeune s’appelait Olga Ferrazzi. Elle avait 3 ans. Elle a été tuée comme son frère Hugo, 6 ans, et ses deux parents Gracioza et Giuseppe. Au total 24 habitants de la commune sont morts ce jour-là. 

Ces bombardements tragiques rappellent le lourd tribu que payent les populations civiles lors des conflits armées. Une constat malheureusement toujours d’actualité 80 ans après…

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