Mercredi 9 juillet, un avion de tourisme s’est écrasé à Voglans, près de Chambéry, faisant trois victimes. Parmi elles, le pilote, un parent d’élève de 44 ans, qui avait offert un vol de découverte à deux agentes scolaires d’une trentaine d’années travaillant dans l’école de son enfant à Aix-les-Bains. Les causes de ce drame restent pour l’instant inconnues, mais cet accident fait écho à d’autres tragédies survenues en Isère ces dernières années, souvent liées à une erreur humaine.
2020 : Trois morts dans le massif de Belledonne
Le 12 septembre 2020, un avion de tourisme avait décollé de l’aérodrome du Versoud pour un vol au-dessus du massif de Belledonne. À bord se trouvaient trois personnes : une pilote de 42 ans, membre de l’aéroclub du Dauphiné, et deux lycéens – un garçon et une fille – élèves de l’École des Pupilles de l’Air de Montbonnot. Les deux jeunes participaient à un vol de découverte dans le cadre du Brevet d’Initiation Aéronautique.
Vers 10h30, alors que les conditions météorologiques étaient bonnes, l’avion s’était écrasé sur un chemin de randonnée situé sous le Pas de la Coche, un col reliant la vallée de l’Isère à celle de l’Eau d’Olle, en Oisans. L’impact avait provoqué un incendie, ne laissant aucune chance aux trois occupants.
L’enquête du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) avait conclu à une erreur de pilotage. L’avion était entré dans la vallée à une altitude trop basse pour franchir la ligne de crête et le col qui se trouvaient au bout. La présence de lignes électriques l’avait, en plus, contraint à effectuer un demi-tour. Pour tenter de franchir le col, la pilote avait sans doute relevé progressivement le nez de l’appareil, entraînant une baisse de vitesse et des performances de montée. Arrivée au bout de la vallée, constatant qu’elle ne pourrait pas franchir le col, elle aurait tenté une manœuvre désespérée : un demi-tour par la gauche, durant lequel elle a perdu le contrôle de l’avion.
2022 : Un autre drame dans le même massif
Le 21 mai 2022, à quelques kilomètres de là, un autre accident a endeuillé le massif de Belledonne faisant 5 victimes. Ce jour-là, Frédéric Gilardot, 66 ans, pilote expérimenté, ancien proviseur du lycée des Eaux Claires à Grenoble et ex-entraîneur de l’équipe de France de bobsleigh, avait pris les commandes d’un avion de tourisme pour faire découvrir le vol à des amis. La météo était bonne, le ciel dégagé et la température avoisinait les 32 °C à l’aérodrome.
D’après le message radio adressé au contrôleur avant le décollage, le pilote semblait vouloir suivre un circuit similaire à celui d’un précédent vol qu’il avait effectué deux heures plus tôt à bord d’un autre avion, plus performant car équipé d’un moteur turbocompressé. Suivant une trajectoire rectiligne le long du relief en montée, il pensait pouvoir atteindre une altitude suffisante pour franchir la crête à sa droite. Mais en relevant progressivement le nez de l’avion, sans horizon naturel comme repère, la vitesse et les performances de montée ont diminué. Selon les témoins, l’appareil volait lentement, et les données enregistrées confirment une baisse progressive de vitesse, suggérant un passage au second régime – une phase instable du vol à faible vitesse où l’avion devient difficile à contrôler, avec un fort risque de décrochage.
L’appareil, qui ne parvenait plus à monter, a percuté des arbres à la sortie du village des Adrets avant de s’écraser dans un champ et prendre feu. Le pilote, deux femmes de 57 et 63 ans, ainsi que les deux petits-enfants de cette dernière – un garçon de 11 ans et sa cousine de 14 ans – ont perdu la vie dans l’accident. C’est à ce jour l’accident d’avion de tourisme le plus mortel survenu en Isère.


