L’expérimentation de l’uniforme à l’école, lancée en 2024 pour deux ans, ne fera pas une nouvelle rentrée. Dans les lycées, l’adhésion des élèves est restée limitée et plusieurs établissements ont abandonné le dispositif en cours, notamment en Isère.

Présentée comme un moyen de renforcer la cohésion, de réduire les différences sociales et d’améliorer le climat scolaire, l’expérimentation de la tenue commune s’achève sur un bilan mitigé. Le dispositif, testé dans une centaine d’écoles et plusieurs collèges et lycées de France, n’a pas produit les effets escomptés pour justifier sa généralisation.

1 million d’euros investis par la Région

Dans le secondaire, les élèves se sont notamment montrés réticents à porter une tenue imposée. L’étude nationale relève des effets positifs ponctuels sur le sentiment d’appartenance, mais aussi des problèmes d’adhésion, de tailles, de renouvellement des vêtements et de respect du règlement.

En Auvergne-Rhône-Alpes, la Région avait investi environ un million d’euros pour financer l’uniforme dans plusieurs lycées (environ 300 euros par élève). Plus de 3000 lycéens étaient concernés (sur 200 000). Mais l’expérience a rapidement rencontré des difficultés.

L’expérimentation abandonnée en cours de route en Isère

Au lycée privé Jeanne d’Arc du Péage-de-Roussillon, en Isère, l’établissement a décidé d’abandonner l’uniforme après une année. Des élèves portant la tenue avaient été pris à partie par des jeunes d’autres établissements, allant jusqu’à subir des insultes et des jets de pierres.

Le cas illustre l’un des paradoxes du dispositif : censé gommer les différences entre élèves, l’uniforme pouvait, au contraire, permettre de les identifier. Au terme de l’expérimentation, le gouvernement a donc renoncé à une généralisation nationale. Le coût global, estimé à deux milliards par an, semblait de toute façon rédhibitoire.

Le seul point commun qu’auront finalement les élèves en cette rentrée 2026, c’est de ne plus avoir de téléphone portable dans l’enceinte de l’établissement…