Avec le retour des fortes chaleurs, la pratique du "street pooling" — forcer l’ouverture d’une borne incendie pour inonder la rue — est de retour sur le territoire métropolitain. Grenoble Alpes Métropole tire la sonnette d’alarme : illégale, dangereuse et très gourmande en eau, cette pratique a déjà provoqué la perte de plus de 3 millions de litres d’eau cette semaine.

Depuis le début des fortes chaleurs lundi dernier, les services de Grenoble Alpes Métropole ont constaté le retour du phénomène : quatorze points d’eau incendie (PEI) ont été ouverts illégalement en l’espace d’une semaine. Les équipes métropolitaines sont mobilisées pour identifier ces actes et refermer les bornes concernées, mais la Métropole craint que le phénomène ne s’étende si aucune prise de conscience collective n’intervient rapidement. Sur le territoire, on compte environ 6 500 PEI, dont 4 500 sont placés sous la responsabilité directe de Grenoble Alpes Métropole.

Des risques graves pour les personnes et les secours

Au-delà de l’aspect légal — la pratique est punie par la loi et expose les contrevenants à des poursuites judiciaires — le street pooling comporte des dangers concrets et immédiats. Les bornes incendie sont un outil indispensable aux pompiers : leur ouverture illégale prive les secours d’une ressource critique en cas d’incendie. Pour les personnes présentes sur place, la très forte pression de l’eau à la sortie des bornes peut provoquer des blessures graves. L’inondation de la chaussée crée par ailleurs des risques d’accidents de la route et, si des équipements électriques se trouvent à proximité, des risques d’électrocution. L’ouverture d’une borne entraîne enfin une chute de pression sur l’ensemble du réseau, se traduisant par une baisse du débit d’eau au robinet pour les usagers du quartier concerné.

3,27 millions de litres d’eau gaspillés

Les dégradations constatées cette semaine ont provoqué une perte estimée à environ 3 270 m³, soit plus de 3,27 millions de litres d’eau. Un gaspillage massif à l’heure où la ressource en eau est sous pression, en période de fortes chaleurs et à l’approche des épisodes de sécheresse estivale. La Métropole rappelle que préserver cette ressource est une priorité, d’autant que les besoins augmentent précisément durant ces périodes où les tentations de se rafraîchir sont les plus fortes.

Des alternatives pour se rafraîchir

La Métropole recommande aux habitants de se tourner vers les espaces prévus à cet effet : lacs et plans d’eau autorisés à la baignade, piscines municipales, et espaces publics équipés de brumisateurs. Les points de fraîcheur accessibles en transports en commun sont recensés sur le site de Grenoble Alpes Métropole.

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