Prévention du Suicide : bientôt une caravane Santé mentale solidaire à Grenoble

Porté par un doctorant grenoblois, un projet innovant de caravane itinérante dédiée à la santé mentale va voir le jour grâce aux budgets participatifs de la Ville de Grenoble. Objectif : aller au plus près des habitant·es, briser les tabous, et offrir une première écoute psychologique, en particulier aux plus vulnérables.

Une caravane pour aller vers les publics

C’est un petit camion, mais avec une grande ambition. Celle de réduire les inégalités d’accès à la santé mentale, d’aller vers les publics éloignés des dispositifs classiques, et surtout, de briser les tabous qui entourent encore trop souvent les troubles psychiques. Ce projet, baptisé Caravane Santé mentale solidaire, a été imaginé par Childéric Dézier, doctorant en troisième année de thèse en neurosciences à Grenoble.“Je me suis rendu compte qu’il y avait un vrai problème d’accessibilité à la santé mentale à Grenoble, comme ailleurs. Il y a une forte demande, des délais très longs, et encore beaucoup de stigmatisation autour de la souffrance psychique“, explique-t-il dans un entretien accordé à TéléGrenoble, avant le vote des budgets participatifs.

Une initiative citoyenne, un soutien collectif

Le projet de Childéric a été l’un des 13 projets retenus par les habitants dans le cadre de l’édition 2025 des budgets participatifs de la Ville de Grenoble. Il bénéficiera d’une enveloppe de 270 000 euros pour être concrétisé dans les mois à venir. La structure prendra la forme d’un véhicule aménagé, équipé d’un bureau confidentiel à l’arrière, qui circulera dans différents quartiers de la ville. Sur place, deux types d’actions sont prévus :

Des temps d’échanges, d’information et de sensibilisation à la santé mentale, pour déconstruire les clichés et encourager la parole. Et, lorsque nécessaire, la possibilité de bénéficier d’un premier entretien avec un·e psychologue ou neuropsychologue, pour évaluer la situation, proposer une première orientation, et amorcer un accompagnement adapté.

Une urgence sanitaire silencieuse

Ce projet répond à une urgence que de nombreux indicateurs soulignent : à Grenoble comme ailleurs, le suicide reste la première cause de mortalité chez les 24-35 ans. Les troubles anxieux, les dépressions, les troubles du comportement alimentaire ou encore les syndromes post-traumatiques sont en forte hausse, particulièrement chez les jeunes et les publics précaires.“À Grenoble, c’est encore plus visible, car c’est une ville étudiante, avec une grande mixité sociale. Certaines personnes n’ont pratiquement aucun accès aux soins psychiques. Il fallait une solution concrète, mobile, inclusive“, souligne Childéric Dézier.

Une première en France ?

Si le concept de santé mobile existe déjà pour certaines spécialités médicales, une caravane dédiée à la santé mentale, gratuite, itinérante et préventive, reste une initiative rare, voire inédite en France. Elle pourrait ainsi servir de modèle pour d’autres territoires. La mise en route du projet est prévue pour 2026, une fois le véhicule aménagé, les équipes constituées et les premiers itinéraires définis.

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