Il avait fait pourtant beaucoup de bruit autour de sa candidature mais Allan Brunon ne sera pas le nouveau président de la la société qui exploite les transports en commun de l’agglomération grenobloise. L’élu insoumis n’a même pas présenté sa candidature et accuse le président de la Métropole d’avoir conclu un accord avec la droite.
Il y a encore quelques semaines, Allan Brunon, le chef de file de La France Insoumise à Grenoble, affichait son ambition de prendre la présidence de M Tag. Il entendait faire de la gratuité des transports en commun son principal cheval de bataille, un projet qu’il défend depuis la campagne des élections municipales. Une mesure également portée par Éric Piolle par le passé et regardée favorablement par sa successeure, Laurence Ruffin.
En mai, lors d’une conférence de presse, Allan Brunon se disait confiant. « Je pense qu’on aura un soutien des différents partis de gauche sur cette candidature », assurait-il alors. Mais s’il a réussi à s’imposer dans le jeu politique grenoblois au point d’en devenir parfois un élément central, son positionnement radical et agressif envers ses potentiels alliés de gauche, l’ont aussi isolé. Le jeune élu insoumis ne peut aujourd’hui compter sur aucun soutien en dehors de son camp. Difficile de prétendre alors à des fonctions qui requiert un certain consensus.
Début juin, le Syndicat mixte des mobilités de l’aire grenobloise (SMMAG), qui pilote la politique des transports et dont dépend étroitement M Tag, a reconduit Sylvain Laval à sa présidence. Un élu qu’Allan Brunon a particulièrement attaqué dans les séances du conseil métropolitain. Ses chances d’accéder à ce poste stratégique étaient déjà faibles, elles sont devenues nulles.
La confirmation est intervenue ce jeudi 2 juillet. Les élus du SMMAG ont voté pour désigner les dix représentants qui siégeront au conseil d’administration de M Tag. Se sachant « blacklisté », Allan Brunon n’a même pas postulé : « Le président de la Métropole, Guillaume Lissy, a négocié avec la droite pour faire passer son amie. Nous n’avons pas souhaité assister à cette supercherie », explique-t-il.
« L’amie » en question est Laura Siefert, élue métropolitaine de Seyssinet-Pariset, la commune dont Guillaume Lissy est maire. Son nom a été proposé par le SMMAG pour prendre la présidence de M Tag. Sa prise de fonction sera effective prochainement. « Je mènerai la bataille sur la gratuité, au sein du SMMAG, comme administrateur » prévient Allan Brunon qui n’a visiblement pas l’intention de lâcher l’affaire. Le contraire aurait été étonnant.