Ce mercredi 14 octobre, la nouvelle hauteur du Mont Blanc a été mesurée à 4 807,47 mètres, soit près de 2 mètres de plus qu’en 2023. Une croissance surprenante alors que les glaciers alpins reculent sous l’effet du réchauffement climatique. Comment expliquer ce paradoxe ?

Le toit des Alpes a repris de la hauteur ! Ce mercredi 14 octobre, les géomètres-experts de Haute-Savoie ont dévoilé la nouvelle altitude officielle du Mont Blanc : 4 807,47 mètres, contre 4 805,59 mètres lors de la dernière mesure rendue publique en 2023. Un gain de près de deux mètres en trois ans, alors que le massif subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique.

Une montagne qui change de taille au gré de la météo

Pour comprendre ce phénomène, il faut distinguer le sommet rocheux du mont Blanc de son épaisse calotte de neige et de glace. Le premier culmine à 4 792 mètres et reste relativement stable. La seconde, en revanche, évolue constamment sous l’effet des précipitations, des températures et surtout des vents violents qui déplacent et accumulent la neige au sommet.

Ainsi, le Mont Blanc peut gagner plusieurs mètres sans que la partie rocheuse de la montagne elle-même ne grandisse. La glace peut également s’accumuler sur son point culminant tout en s’amincissant sur ses flancs qui alimentent les glaciers situés en contrebas.

mesure Mont Blanc géomètres

Un paradoxe face au réchauffement climatique ?

Cette nouvelle mesure ne remet absolument pas en cause la fonte des glaciers alpins. À plus de 4 800 mètres d’altitude, les conditions restent suffisamment froides pour permettre une accumulation de neige et de glace, même si les températures augmentent.

Plus bas, en revanche, les glaciers du massif du Mont-Blanc continuent de perdre de l’épaisseur et de reculer. Les deux phénomènes peuvent donc parfaitement coexister : un sommet temporairement plus élevé et des glaciers qui fondent à ses pieds.

hauteur du mont Blanc

Vingt-cinq ans de mesures scientifiques

Depuis 2001, les géomètres-experts de Haute-Savoie réalisent régulièrement des campagnes de mesures. Cette année, 32 participants répartis en 11 cordées ont participé à l’expédition de septembre, utilisant notamment des instruments satellitaires, des drones et un géoradar pour étudier la calotte glaciaire.

Au-delà de la curiosité de l’évolution du chiffre, ces relevés permettent aux scientifiques de suivre les transformations du sommet sur le long terme. Car si le toit des Alpes a grandi depuis 2023, la tendance générale de son altitude reste orientée à la baisse depuis le début des années 2000. Et une chose est certaine : ces quelques mètres gagnés au sommet ne compensent en rien les millions de mètres cubes de glace perdus par les glaciers alpins.